Du 9 au 17 mars 2012, la Cinémathèque de Toulouse propose, dans le cadre de la 6e édition de son festival Zoom Arrière, un programme exceptionnel de films interdits, censurés,
retirés, coupés, rendus invisibles.
Dans son texte de présentation intitulé "La censure dans tous ses états", Frank Lubet décrit la censure "comme une hydre, à laquelle repoussent de nouveaux membres à
chaque fois qu’on croit en avoir coupé un. (...) Ce qui scandalisait il y a quarante ans peut scandaliser de nouveau demain, comme ce qui ne scandalisait pas hier le peut
aujourd’hui." Quelles que soient la nationalité du film et son époque, "les motivations de la censure restent toujours les mêmes (1- l’ordre public ou les intérêts d’État. 2-
les mœurs, la morale et le religieux. 3- la protection de la jeunesse)" . link
Cinq grandes sections dans cette programmation remarquable.
Un panorama de "classiques" avec: L'âge d'or de Luis Bunuel (1930) dont l'interdiction perdurera jusqu'en 1980; Zéro de conduite de Jean Vigo (1933);
Le Pré de Béjine d'Eisenstein (1937), avant la destruction définitive de la copie interdite par la censure, un monteur sauve et découpe une image de chaque plan; ces
photogrammes retrouvés plusieurs années plus tard sont montés bout-à-bout, d’après le scénario pour en faire un film en plans fixes; Extase de Gustav Machaty (1933, avec
Hedy Lamarr); Les Liaisons dangereuses de Vadim (1959), interdit pour atteinte à la morale (La Société des Gens de Lettres intentera un procès au réalisateur pour
"dénaturation de l'oeuvre originale"); La Religieuse de Jacques Rivette (1966); L'Empire des sens de Nagisa Oshima (1975); Salo ou les 120 journées de
Sodome de Pier Paolo Paolini (1975); Ma 6-T va crack-er de Jean-François Richet (1997), "censuré par les exploitants de salles eux-mêmes, qui ont refusé
de programmer le film de peur de voir leurs salles endommagées par un public jugé insurrectionnel"...
Un hommage au cinéma iranien avec: Téhéran de Nader Takmil Homayoun (2009), Le Ballon blanc, Le Cercle et Hors jeu, trois films de Jafar Panahi ...
Un programme de films est-allemands dits « films lapins », du nom du premier de ces films interdits: C’est moi le lapin (Das Kaninchen bin ich) de Kurt
Maetzig (1965). Parmi eux, La Trace des pierres (Spur der Steine) de Frank Beyer (1966), L’Ange perdu (Der Verlorene Engel) de Ralf Kirsten (1966)…
Un programme de films sur la guerre d'Algérie avec: Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard (1960), le film est interdit par le ministre de l’Information au titre que
l’on ne doit pas représenter la torture, qu’un héros déserteur est un mauvais exemple pour la jeunesse française appelée à servir en Algérie, que le personnage interprété par Anna Karina défend
trop ouvertement la cause de la rébellion contre l’action de la France en Algérie; Octobre à Paris de Jacques Panigel (1962); Le Combat dans l’île d'Alain Cavalier
(1962); La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo (1965); Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier (1970); ainsi que de rares courts métrages : Secteur postal
89.098 de Philippe Durand (1959), film censuré pour son encouragement à l’indiscipline militaire); J’ai huit ans de Yann Le Masson et Olga Poliakoff (1961), à partir de
dessins, des enfants algériens parlent de leur expérience de la guerre; projeté clandestinement, saisi dix-sept fois et censuré pendant douze ans; Algérie année zéro de
Marceline Loridan et Jean-Pierre Sergent (1962); Le Passager de Louis Cros (1963), sur les "porteurs de valises"...
Un programme de films pornographiques avec les premiers films muets érotiques français et autrichiens (de la firme viennoise Saturn): Derrière la porte verte de
Artie et Jim Mitchell (1972); Bananes mécaniques de Jean-François Davy (1972); L’Essayeuse de Serge Korber (1970), film non seulement classé X mais condamné à
être brûlé après une plainte posée par des associations de familles catholiques; Un chant d’amour de Jean Genet (1950), une histoire de prisonniers en mal de sexe censurée sur
les écrans français jusqu’en 1975 pour cause d’incitation à l’homosexualité.
À noter des rencontres avec deux auteurs emblématiques: Yves Boisset (R.AS, Le Juge Fayard dit le Shériff ) et Catherine Breillat (36 fillette, Romance, Une vieille
maîtresse)
Pour consulter la totalité du programme, jour par jour link
Dimanche 11 mars 2012
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La bibliothèque universitaire de La Roche-sur-Yon organisait mercredi 7 mars 2012 sa première "Copy Party". Radicalement différente de la première Copy party qui eut lieu à
Berlin en 1984 et qui se proposait de copier des logiciels, cette fête, 28 ans après, se voulait respectueuse du droit d'auteur et du droit de copie. Elle avait pour objectif d'informer les
participants sur le cadre juridique de la copie privée, défini par l’article L. 122-5 du Code de la propriété intellectuelle, et de leur expliquer sous quelles conditions, dans une
bibliothèque, ils peuvent, en toute légalité, copier gratuitement des documents (livres, périodiques, CD, DVD).
Depuis la réforme du régime de la copie privée intervenue le 20 décembre 2011, la bibliothèque est considérée comme une "source licite" où il est possible de faire des copies sous
deux conditions: le document reproduit doit être strictement réservé à l’usage privé du copiste et non destiné à une utilisation collective; pour être considérée comme "privée", la
copie doit être réalisée avec un matériel dont le copiste est propriétaire, d'où la nécessité pour lui d'apporter son matériel (ordinateur portable, graveur, disque dur externe,
appareil photo, téléphone portable, clé USB...) sur lequel il s'est acquitté, en l'achetant, d'une redevance sur la copie privée : cette rémunération sur la copie privée (173 millions
d'euros en 2008) est reversée à 75% à des sociétés de gestion collective chargées de les reverser aux titulaires de droits. Les 25% restant servent à financer des actions d’intérêt
culturel.
Par ailleurs, si le règlement intérieur d’un établissement ne peut interdire à un usager de réaliser des copies, une bibliothèque peut toutefois poser des limites ou organiser l’exercice de cette
faculté de copie. Des raisons de conservation (ouvrages fragiles…) peuvent motiver des restrictions, de même que des raisons de tranquillité et de convivialité (ne pas poser les ouvrages par
terre pour les photocopier, ne pas monopoliser tout le contenu d’un bac de CD un après-midi entier pour en faire des copies, etc).
Pour un mode d'emploi détaillé link
Dimanche 11 mars 2012
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Après les interdictions à répétition du Nouvel Obs (en janvier et février 2012), de l'Express (en janvier), d'un hors série
du Pélerin (en février), du bimensuel Gazelle ("Peut-on rire de l'islam?" ) au motif qu'ils contenaient une représentation d'Allah ou de son prophète
Mohamed, c'est au tour du quotidien espagnol El Païs d'être interdit mais, cette fois, pour "atteinte à la personne du roi".
En cause, une caricature de Damien Glez, considérée comme défigurant l'image sacrée de Mohamed VI: publiée initialement en 2009 pour le dixième anniversaire de l'arrivée au pouvoir du fils
d'Hassan II, elle était reprise dans El Pais du 15 février 2012 pour illustrer un article de Ignazio Cembrero intitulé "Marruecos castiga caricaturas e insultos al rey en
las redes sociales."
Dans son article, l'ancien directeur d'El Pais, dernier journaliste étranger à avoir interviewé Mohammed VI en janvier 2005, rapporte trois cas récents témoignant d'une
véritable chasse aux internautes qui caricaturent ou insultent le roi sur les réseaux sociaux. Un jeune auxiliaire des forces armées vient d'être condamné par un tribunal de Rabat à trois ans de
prison pour avoir publié sur Facebook un photomontage tournant en dérision un de ses supérieurs hiérarchiques. Abdessamad Haydur (24 ans) vient d'être condamné à trois ans de prison pour une
vidéo publiée sur You Tube : on le voit, durant les émeutes de Teza, traiter le roi de "dictateur" d' "âne" et de "chien". Walid Bahomane (18 ans), arrêté le 24
janvier, vient d'être condamné à un an de prison et à 10.000 dirhams d’amende (environ 1.000 euros), pour «atteinte aux valeurs sacrées du Maroc »: il avait publié sur sa page
Facebook, le fameux portrait du roi réalisé il y a 3 ans par Damien Glez. link
Cembrero, pour sa part, vient également d’être interdit de parole publique: la conférence qu'il devait prononcer le 29 février, à l’École de gouvernance et d’économie (EGE) de Rabat, a été
annulée; elle portait sur les relations entre le Maroc et l'Espagne.
Pour mémoire:
en 2009, le caricaturiste marocain Khalid Gueddar avait été condamné à trois ans de prison avec sursis et 270.000 euros d'amende pour avoir représenté, dans le quotidien Akhbar al Youm, un
cousin du roi, le prince Moulay Ismaïl;
en octobre 2008, un jeune lycéen marocain, supporter du FC Barcelone, Yassine Belassal (18 ans), avait été condamné à 18 mois de prison pour avoir écrit sur le tableau
noir de sa salle de classe : "Allah, al watan, Barça" ("Dieu, la patrie et le Barça"), réinterprétant à sa manière la devise du royaume chérifien "Allah, al watan, al
malik" ("Dieu, la patrie et le roi").
Dimanche 26 février 2012
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En France, au décès de l'auteur le droit d'auteur persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année civile en cours au moment du décès, et pendant les 70 années qui suivent. Dans le
cas d'auteurs "morts pour la France" (comme Alain-Fournier, Apollinaire, Pergaud, Péguy, Saint-Éxupéry...), les droits sont prorogés de 30 ans. Ils sont également prorogés de la
durée des deux guerres mondiales: 6 années et 152 jours pour la première et 8 ans et 263 jours pour la seconde. Les oeuvres de nombreux auteurs morts, il y a bientôt 100 ans, ne peuvent
toujours pas être reproduites librement en France. Apollinaire, par exemple, mort le 9 novembre 1918, ne sera dans le domaine public que le 1er janvier 2034 !
La situation est très différente au Canada où les oeuvres sont libres de droits au bout de 50 ans. En 2010, le site Wikisource avait pu commercialiser des oeuvres de Paul Éuard,
André Gide, Jean Giono, Paul Valéry, Guillaume Apollinaire, Robert Desnos, Max Jacob... tombées dans le domaine public. L'éditeur français Gallimard lui avait alors intimé de
retirer ces oeuvres ou de les rendre inaccessibles aux internautes français.
La situation vient de se répéter. L'oeuvre d'Ernest Hemingway (1899-1961) étant passée dans le domaine public au Canada, l'écrivain François Bon considérant "lourdingue et
approximative" la traduction de Jean Dutourd (1954), mettait en ligne le 9 février 2012, sur le site publie-net, une nouvelle version de "Le Vieil homme et la mer". Le 17
février, il décidait de la retirer suite à la demande de Gallimard qui considère la nouvelle traduction comme une "contrefaçon": l'éditeur affirme être le seul à
pouvoir autoriser une traduction de "Le Vieil homme et la mer", pour la remettre au goût du jour ou la rendre plus conforme au texte original.
Sachant que l'article L123-12 du code de la propriété intellectuelle dispose que "lorsque le pays d'origine de l'oeuvre est un pays tiers à la Communauté européenne et que l'auteur
n'est pas un ressortissant d'un Etat membre de la Communauté, la durée de protection est celle accordée dans le pays d'origine de l'oeuvre", les lecteurs français pourront-ils lire une
autre traduction que celle de Jean Dutourd avant 2047, date à laquelle le texte d'Hemingway sera libre de droits aux États-Unis?
link
Le même jour, (Actualitté, 17-2-2012), on apprenait que l'éditeur Harper Collins était débouté par la cour fédérale américaine de sa plainte contre la maison d'édition
numérique Open Road Media. Harper Collins reprochait à Open Road Media d'avoir commercialisé une version numérique de Julie of the Wolves, roman de
Jean Craighead George qu'il avait édité en 1972. Harper Collins prétendait que les droits lui appartenaient et que cette publication imprévue avait une influence sur les ventes
papier tout en bouleversant les plans de sa propre édition numérique. L'intervention de l'auteure a peut-être fait pencher la balance du côté d'Open Road Media : «Quand
j'ai signé les contrats en 1971, le livre numérique n'existait pas, je n'ai donc pas pu céder mes droits sur ce format» a déclaré Jean Craighead George.
Dimanche 26 février 2012
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Adel Imam, bientôt 72 ans, l'un des acteurs les plus populaires en Égypte et dans le monde arabe, a été condamné par contumace à trois mois de prison et de travaux forcés
pour "diffamation envers l'islam" dans des rôles joués au cinéma et au théâtre (AFP, 3-2-2012). "Je vais faire appel de la sentence" a déclaré la star égyptienne
qui a joué dans plus de 100 films et 10 pièces de théâtre, hautement appréciés du public arabe pour leur sarcasme à l'égard des leaders et des religieux. "Tous les films ou pièces de
théâtre dans lesquels j'ai joué ont été soumis à la censure. Si celle-ci les avait jugés diffamatoires, elle les aurait interdits", a dit M. Imam. Parmi les oeuvres incriminées
figureraient le film Al-Irhabi (Le Terroriste), dans lequel il joue le rôle d'un musulman fondamentaliste, link, le film Morgan Ahmed Morgan, où il joue le rôle d'un homme d'affaires corrompu, la pièce de
théâtre Al-Zaeem (Le leader), une comédie où il tourne en dérision les leaders autocratiques de la région. link
Depuis 2000, Adel Imam a servi comme ambassadeur de bonne volonté pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). "Durant sa riche carrière, il a mêlé humour et
tristesse pour dépeindre les gens ordinaires qui sont victimes d'injustice", écrit le HCR dans une biographie de l'acteur. "Pour ces raisons, Imam est devenu un symbole pour les
gens, promouvant la tolérance et les droits de l'Homme dans le monde arabe".
Adel Imam a également joué dans "L'Immeuble Yacoubian", adapté du roman de l'écrivain Alaa Al-Aswani. Le film avait obtenu en 2006 le Grand Prix IMA (Institut du monde arabe) du
long métrage, et Adel Imam avait reçu le prix du meilleur acteur avec Khaled al-Saxi et Nour al-Chérif. Sa pièce L'École des rebelles/cancres (Madrassat al
mochaghibyne) est considérée comme "la meilleure pièce théâtrale arabe de tous les temps."
L'Égypte s'engagerait-t-elle dans la même voie que la Tunisie?
Pour mémoire, en mai 2011, la cinéaste tunisienne Nadia El Fani avait été menacée de mort parce qu'athée. Le 26 juin 2011, à Tunis, le cinéma Afric'Art, où était projeté son film
"Ni Allah ni maître", était attaqué par des salafistes au cri de "La Tunisie est un État islamique". Suite à la polémique, Nadia El Fani modifiait le titre de son film en
"Laïcité, inch'Allah".
Dimanche 9 octobre 2011, le siège de la télévision privée tunisienne Nessma avait été assailli par près de 300 salafistes, qui menaçaient de brûler les locaux et de tuer
des journalistes, suite à la diffusion du film d'animation franco-iranien "Persepolis" et d'un débat sur l'intégrisme religieux. Une séquence du film de Marjane Sartrapi et Vincent
Paronnaud - Prix du jury au festival de Cannes en 2007 - avait été jugée particulièrement blasphématoire par les manifestants: celle où l’héroïne du film imagine Dieu, sous la forme d'un
vieil homme barbu. Le procès pour "atteinte au culte religieux" intenté contre Nabil Karoui, propriétaire de Nessma, a été reporté au 19 avril 2012.
Dimanche 26 février 2012
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Après son passage simultanément sur six chaînes de la télévision française (28-01-2012), l'image du président de la République s'est intercalée quelques secondes à 20h05, lundi 30 janvier 2012,
sur France 2, pendant un bulletin météorologique. Le présentateur de la météo, Laurent Romejko, intervient au début du JT de David Pujadas pour annoncer l'arrivée imminente d'une vague
de froid sur l'Hexagone. Mais au lieu de la traditionnelle carte de la France, c'est le visage du président de la République qui apparaît à l'écran. Erreur en régie,
complot politico-médiatique au début de la campagne présidentielle se questionne Le Lab /Europe 1 (31-1-2012) qui parle d' "une boulette quasi-subliminale". Le
président dans la tourmente? link
Dimanche 26 février 2012
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19:06
Le temps des malicieuses clavistes de Libération est bien fini. Pourtant... un mot de 6 lettres entre parenthèses, glissé parmi les 178 pages du magazine de
programmes Télé 2 semaines (n°252, du 11 au 24 février), a échappé à la vigilance des correcteurs et autres modérateurs, contournant les circuits habituels de validation et de
relecture. L'adverbe "dehors!" a été ajouté par une main anonyme à la suite du nom de Nicolas Sarkozy dans le texte de présentation du programme d'Arte du 14
février, 20h35 (Françallemagne: un destin, deux mondes ).
Ce détournement de texte a déclenché un communiqué de Prisma Presse, éditeur du titre, qui dénonce "un acte de malveillance" et "se réserve le droit d’engager
toute action, y compris judiciaire, contre le ou les auteurs de cet acte délictueux, contraire à la déontologie journalistique".
Le groupe Prisma Presse a présenté ses excuses aux lecteurs ainsi qu'au président de la République.
Cet incident intervient alors que Prisma Presse externalise la confection des grilles de programmes de ses magazines télé (Télé-2-Semaines, Télé Loisirs et TV Grandes chaînes) pour
les confier à une filiale du groupe Lagardère. Le syndicat SNJ-CGT de Prisma a déclaré qu'il n'y a, selon lui, aucune relation entre «ce commentaire malveillant à l'égard du
Président et le conflit qui a mobilisé (en janvier) les salariés. Le commentaire intempestif est le fruit d'un acte isolé». (France-soir, Nouvel'obs, Le
Point, 7-2-2012)
En septembre 2011, Prisma Presse avait attiré l'attention du Canard enchaîné (14-9), puis de l'Observatoire de la censure (25-9). Dans un numéro thématique
sur "La France sous l'Occupation", le magazine Géo Histoire, appartenant à Prisma Presse (Femme actuelle, Gala, Voici...,) avait supprimé au
dernier moment un article de cinq pages intitulé "Quand guerre rimait avec affaires". La régie publicitaire de Prisma Presse, n'avait pas apprécié dans ce dossier une
page évoquant le passé du bagagiste Henry Vuitton, collaborateur notoire pendant la Seconde guerre mondiale. La marque Louis Vuitton étant actuellement la propriété du groupe LVMH, dirigé
par Bernard Arnault, Prisma Presse n'avait pas pris le risque de déplaire à l'un de ses plus gros annonceurs et l'article était passé à la trappe.
Dimanche 26 février 2012
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19:04
Jeudi 26 janvier 2012, l'affiche annonçant le prochain spectacle de Stéphane Guillon, "En mai 2012, Stéphane Guillon s'en va aussi", a été retirée des murs du métro de
Paris. La direction de la communication de Metrobus, la régie publicitaire de la RATP, a confirmé ce retrait, estimant que l'affiche - l'allusion à l'élection présidentielle, et à un
possible départ de Nicolas Sarkozy - était trop politique et "n'entrait pas le cadre de notre convention avec la RATP". "Nous devons nous abstenir de toute
communication à caractère politique ou religieux, surtout en période électorale", a expliqué Metrobus.
Arrivé en janvier 2008 à France Inter, Stéphane Guillon avait été licencié abusivement en 2010, certaines de ses chroniques humoristiques, comme celle-ci link, ne plaisant pas aux responsables de la chaîne publique.
L'humoriste avait aussitôt réservé L'Olympia du 1er au 6 mai 2012, période correspondant à l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle.
Jeudi 2 février 2012, l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a demandé à l'afficheur JC Decaux de retirer les affiches du film "Les Infidèles" avec
Jean Dujardin et Gilles Lellouche. Ces affiches "sont clairement de nature à heurter, à choquer une partie du public... puisqu'elles propagent une image de la femme portant atteinte à
sa dignité et à la décence", a déclaré, à l'AFP, Stéphane Martin, directeur général de l'ARPP. link
Vendredi 3 février 2012, dans un contexte local de braquages à l'arme lourde (AK-47), la Régie des transports marseillais (RTM) et la régie publicitaire Média Transports ont annoncé qu'elles
refusaient de poser, sur les bus de la ville, une publicité pour le film américain "Underworld: nouvelle ère", au motif que l'affiche montre des armes. "Nous ne
sommes pas des censeurs, mais nous avons estimé qu’il n’est pas nécessaire de rajouter une couche d’agressivité en ce moment à Marseille ... Ce n’est pas opportun de brandir des armes sur
tous les bus», s'est justifié la RTM (La Provence, 3-2-2012).
Dimanche 26 février 2012
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18:59
Le maire de Nice, Christian Estrosi, regrette certainement de ne pouvoir interdire la représentation théâtrale Le Contraire de l'amour, adaptation
du Journal (1955-1962) de Mouloud Feraoun, prévue vendredi 10 février, 18h30, à Nice CLAJ de Cimiez, (26 avenue Scudéri).
Si le colloque "Algérie 1962: pourquoi une fin si tragique?" - réunissant des historiens et universitaires comme Gilles Manceron, Jean-Pierre Peyroulou, Abdelmadjid
Merdaci, Benjamin Stora, Pierre Daum... - n'avait pas lieu, au même endroit, le samedi 11 février, de 9h à 17h30, cela ne lui déplairait pas.
C'est ce que laisse entrevoir son communiqué du jeudi 9 février (AFP/Le Monde) dans lequel il s'étonne qu'une association niçoise ait pu accueillir ces deux manifestations proposées par
la LDH de Nice. Il fait part de "sa totale désapprobation quant à cette démarche", précise qu'elle "ne s’inscrit en aucune manière dans le cadre ou l’esprit, de la
commémoration" que sa municipalité organise et demande à la Ligue des Droits de l'Homme de "sursoir" à son projet "auquel je ne peux
toutefois pas m'opposer juridiquement".
Dans un communiqué, la LDH et ses partenaires (MRAP, Attac, PCF, FSU 06, Association des pieds-noirs progressistes, etc.) se refusent à l'autocensure. Ils "ne reculeront pas
devant une telle intimidation; ils ne plieront pas devant un maire qui démontre une fois de plus qu'il n'est pas le garant qu'il devrait pourtant être du pluralisme et de la
démocratie". "Au nom d'une prétendue mémoire unique des Français d'Algérie, dans une démarche sans précédent, le maire de Nice s'érige en détenteur de la vérité
historique", s'insurge la LDH.
Durant le colloque, les organisateurs se proposent de poser “un regard apaisé sur ce passé », mais aussi de revenir “sur le rôle de l’OAS, qui s’est opposée à toute recherche d’une
solution politique, faisant de nombreuses victimes y compris chez les Européens d’Algérie". Ils estiment aussi qu’il faut “reconnaître clairement que la colonisation tournait le dos aux
principes des droits de l’homme et de la devise républicaine".
L'affiche du colloque a été réalisée par Ernest-Pignon-Ernest. Né à Nice en 1942, l'artiste s'était fait internationalement remarquer en 1974 avec ses affiches dénonçant l'apartheid en
Afrique du Sud et la décision du maire Jacques Médecin de jumeler la ville de Nice avec Le Cap.
Vendredi 10 février 2012
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Apparu au Québec en 2007, le terme de "poursuite-bâillon" a tendance à être préféré à l'acronyme BIPP («bâillon imposé à la parole publique») calqué sur l'acronyme
anglo-saxon SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation, poursuite stratégique contre une mobilisation publique).
L'expression désigne la manoeuvre menée par un groupe économique puissant, une multinationale, visant à faire taire des individus isolés ou de petites structures ayant mis sur la place publique
une question d'intérêt général, qu'elle considère comme susceptible de porter atteinte à ses intérêts et à sa réputation.
Si, après une phase de menaces marquée par la demande de dommages-intérêts démesurés, le défenseur intimidé n'est pas contraint au silence, la multinationale se lance dans une procédure
judiciaire interminable, visant à le paralyser, en l'épuisant financièrement et psychologiquement.
Un exemple de poursuite-bâillon vient d'être donné récemment avec l'affaire opposant la compagnie minière Barrick Gold à trois chercheurs en sciences sociales,
auteurs du livre "Noir Canada: pillage, corruption et criminalité en Afrique", et à Écosociété, éditeur du livre. Après trois années de procédures, où la multinationale se
considérant diffamée demandait 6 millions de dollars, un accord "hors cour" a été trouvé par les deux parties : Barrick Gold arrête sa poursuite lancée en avril 2008, l'éditeur
s'engage à ne plus diffuser le livre. (Le Devoir,19-10-2011)
Écrit par Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, "Noir Canada" se base sur des sources déjà publiées. À partir d'une abondante documentation internationale, le livre démontre
la nécessité d'une commission d'enquête indépendante pour faire la lumière sur les nombreux cas d'abus qui auraient été commis en Afrique par des compagnies minières canadiennes.
Les auteurs et leur éditeur ont reçu le soutien de milliers de citoyens, de 60 éditeurs, de journaux nationaux et internationaux. Le livre a été à l'origine, au Québec, d'une législation contre
les "poursuites-bâillon", pas suffisante encore semble-t-il, les armes restant toujours trop inégales entre ceux qui défendent leur droit à la réputation et ceux qui demandent la primauté des
droits à l'information et à la liberté d''expression.
Les ennuis ne sont pas terminés pour les éditions Écosociété et les trois auteurs: Noir Canada est poursuivi pour diffamation, dans l'Ontario, par la
multinationale minière Banro qui demande la bagatelle de 5 millions de dollars de dommages et intérêts.
Pour plus de détails, voir ici link, là link et là link
Mercredi 1 février 2012
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