1 juin 2010 : Le service de nettoyage karcherise l'exposition (Toulon)

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Le premier festival international  de "street painting"  de Toulon qui se tenait en centre ville, samedi 29 et dimanche 30 mai 2010, s'est arrêté avant l'heure. Dimanche à 5 heures du matin, les agents du service de nettoyage de la ville ont effacé machinalement et mécaniquement les oeuvres des artistes commencées le samedi. Lorsque ceux-ci sont arrivés pour achever leurs oeuvres, ils ont constaté que les bâches de protection avaient été  enlevées et que  leur travail commencé la veille avait été réduit à néant.
Pourtant tout avait bien commencé. Il faisait un temps radieux. La ville de Toulon avait donné son autorisation depuis plusieurs mois pour que les artistes puissent librement s'exprimer tout un week-end  dans un lieu central, sur un support splendide : celui de la place d'Armes, vaste esplanade, cadre de grands évènements festifs (salon des antiquaires, de la gastronomie, du livre). Il faut noter que le règlement  rédigé  par les  organisateurs avait  tout pour rassurer et contenter les autorités municipales. On pouvait y lire que "seules les craies, pastels solides doivent être utilisées pour la réalisation du dessin sur sol. Sont exclus, le pastel liquide, la  peinture acrylique, le fixateur..." Les oeuvres réalisées devaient "être adaptées à un public de tout âge" et réalisées parmi une des trois thématiques imposées: "l'art Madonnaro" (dessin à sujet religieux, reproduisant ou s'inspirant de portraits de facture classique de la Vierge), " l'histoire de la ville de Toulon", le "dessin libre ". link
"C'est du sabotage ! " ont crié certains des 40 participants, tous très en colère. Jean-Guy di Giorgio, adjoint au maire délégué à la propreté, avoue être "très embêté": "C'est malheureux. Il n'y a aucune mauvaise intention dans cette histoire, mais une erreur, sans doute un manque de communication entre services de la ville. Nous n'avons pas été prévenus de la manifestation (...). Je tiens à présenter [mes] excuses aux artistes et aux organisateurs." (Var -Matin)

Pour rappel, une "gaffe" de ce type s'est récemment produite à Melbourne (Australie). À la demande des résidents du quartier de Hosier Lane, célèbre pour ses oeuvres de "street art", Suzan Riley la députée-maire de Melbourne avait fait envoyer une équipe  d'employés municipaux pour recouvrir les graffitis présents dans les secteurs non-autorisés. Au cours de l'opération de nettoyage, ils avaient par inadvertance effacé une oeuvre, réalisée par  Banksy,  lors de son passage dans la ville en 2003. Le graffiti, un pochoir attribué à l'artiste britannique mondialement reconnu, représentait un rat suspendu à un parachute. Kathy Alexander, chef  des services municipaux avait déclaré:  "Il est dommage qu'une oeuvre de Banksy ait été supprimée. Nous allons prendre des mesures pour nous assurer que d'autres oeuvres de ce genre soient protégées."
(voir Observatoire  de la censure):

29 avril 2010: La mairie de Melbourne s'excuse pour avoir fait effacer par erreur une oeuvre de Banksy (Australie)

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