11 mars 2012 : Festival de films interdits (Toulouse)

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Films interdits Zoom arrière

 

Du 9 au 17 mars 2012, la Cinémathèque de Toulouse propose, dans le cadre de la 6e édition de son festival Zoom Arrière, un programme exceptionnel de films interdits, censurés, retirés, coupés, rendus invisibles.
Dans son texte de présentation intitulé "La censure dans tous ses états", Frank Lubet décrit la censure  "comme une hydre, à laquelle repoussent de nouveaux membres à chaque fois qu’on croit en avoir coupé un. (...) Ce qui scandalisait il y a quarante ans peut scandaliser de nouveau demain, comme ce qui ne scandalisait pas hier le peut aujourd’hui." Quelles que soient la nationalité du film et son époque, "les motivations de la censure restent toujours les mêmes (1- l’ordre public ou les intérêts d’État. 2- les mœurs, la morale et le religieux. 3- la protection de la jeunesse)" . link

Cinq  grandes sections dans cette programmation remarquable.
Un  panorama de "classiques" avec: L'âge d'or de Luis  Bunuel (1930) dont l'interdiction perdurera jusqu'en 1980; Zéro de conduite de Jean Vigo (1933); Le Pré de Béjine d'Eisenstein (1937), avant la destruction définitive de la copie interdite par la censure, un monteur sauve et découpe une image de chaque plan; ces photogrammes retrouvés plusieurs années plus tard sont montés bout-à-bout, d’après le scénario pour en faire un film en plans fixes; Extase de Gustav Machaty (1933, avec Hedy  Lamarr); Les Liaisons dangereuses de Vadim (1959), interdit pour atteinte à la morale (La Société des Gens de Lettres intentera un procès au réalisateur pour "dénaturation de l'oeuvre originale"); La Religieuse de Jacques Rivette (1966); L'Empire des sens de Nagisa Oshima (1975); Salo ou les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Paolini (1975); Ma 6-T va crack-er de Jean-François Richet (1997), "censuré par les exploitants de salles eux-mêmes, qui ont refusé de programmer le film de peur de voir leurs salles endommagées par un public jugé insurrectionnel"...
Un hommage au cinéma iranien avec: Téhéran de Nader Takmil Homayoun (2009), Le Ballon blanc, Le Cercle et Hors jeu,  trois films de Jafar Panahi ...
Un programme de films est-allemands dits « films lapins », du nom du premier de ces films interdits: C’est moi le lapin (Das Kaninchen bin ich) de Kurt Maetzig (1965). Parmi eux, La Trace des pierres (Spur der Steine) de Frank Beyer (1966), L’Ange perdu (Der Verlorene Engel) de Ralf Kirsten (1966)… 
Un programme  de films  sur la guerre d'Algérie avec: Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard (1960), le film est interdit par le ministre de l’Information au titre que l’on ne doit pas représenter la torture, qu’un héros déserteur est un mauvais exemple pour la jeunesse française appelée à servir en Algérie, que le personnage interprété par Anna Karina défend trop ouvertement la cause de la rébellion contre l’action de la France en Algérie; Octobre à Paris de Jacques Panigel (1962); Le Combat dans l’île d'Alain Cavalier (1962); La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo (1965); Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier (1970); ainsi que de rares courts métrages : Secteur postal 89.098 de Philippe Durand (1959), film censuré pour son encouragement à l’indiscipline militaire); J’ai huit ans de Yann Le Masson et Olga Poliakoff (1961), à partir de dessins, des enfants algériens parlent de leur expérience de la guerre; projeté clandestinement, saisi dix-sept fois et censuré pendant douze ans; Algérie année zéro de Marceline Loridan et Jean-Pierre Sergent (1962); Le Passager de Louis Cros (1963), sur les "porteurs de valises"...
Un programme de films pornographiques avec les premiers films muets érotiques français et autrichiens (de la firme viennoise Saturn): Derrière la porte verte de Artie et Jim Mitchell (1972); Bananes mécaniques de Jean-François Davy (1972); L’Essayeuse de Serge Korber (1970), film non seulement classé X mais condamné à être brûlé après une plainte posée par des associations de familles catholiques; Un chant d’amour de Jean Genet (1950), une histoire de prisonniers en mal de sexe censurée sur les écrans français jusqu’en 1975 pour cause d’incitation à l’homosexualité.
À noter des rencontres avec deux auteurs emblématiques: Yves Boisset (R.AS, Le Juge Fayard dit le Shériff ) et Catherine Breillat (36 fillette, Romance, Une vieille maîtresse)

Pour consulter la totalité du programme, jour par jour link

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