12 février 2010 : “Nous, nous aimons Silvio”, une anthologie de photos retouchées.

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Noi amiamo Silvio
est disponible (9,90 euros) dans tous les kiosques italiens  depuis le 27 janvier 2010. Son éditeur, Alberto Peruzzo, l’a tiré  à 70 000 exemplaires. Il pensait  que l’ouvrage  serait l’un des premiers éléments du dossier de canonisation de l’actuel Président du Conseil. À lire les commentaires de la presse italienne,  cet  hommage, grossier,  révélateur d'un culte de la personnalité envahissant la vie publique, aurait un effet contraire.
Comme l’analyse le site Interno 18, le livre est décevant. Très peu de textes : aucune déclaration d’amour des fans du Président du Conseil, seulement quelques extraits de ses discours, de ses pensées. Noi amiamo Silvio  est avant tout un livre de photos - et de mauvaise qualité. Les graphistes, payés à la pièce et trop mal certainement, face à l’impératif de retoucher une énorme masse de .photos, se sont contentés la plupart du temps de coloriser la tête du Président avec un étrange mélange saumon-prune (#E9967A o #CC8899), sans retoucher ses mains (lin ou lavande rose #FAF0E6 o #FFF0F5), sans retoucher ses interlocuteurs qui, à côté de lui lumineux,  apparaissent très pâles. Ils ont certes  effacé les rides du Président mais aussi toutes les ombres, ce qui lui donne l’apparence d’une silhouette en carton.
Mais surtout comme le révèle le site San Precario (information reprise par 20 minutes et Ouest France), une photo est un trucage manifeste.  C’est une photo de 1998 et, sur la légende, il est écrit 2008. Le montage aurait été fait à partir de trois clichés différents: un de Silvio Berlusconi, un autre de la foule et le dernier reprenant la place du Dôme. On peut remarquer des détails troublants. Berlusconi tient dans la main un bouquet de fleurs mal dessiné. Des morceaux de la foule ont été dupliqués pour remplir la place, le même groupe de personnes apparaît à deux endroits différents. Deux drapeaux de Forza Italia ont été ajoutés successivement et, surtout, on ne voit pas qui les tient dans la main.
Il y a bien eu quelques retouches, a reconnu  Alberto Peruzzo, mais réclamées par Silvio Berlusconi en personne ! : “Que voulez-vous que je vous dise, moi j’aurais tout laissé  “au naturel”, c’est lui  qui a voulu changer un peu la scénographie. D’ailleurs les gens sont habitués à le voir d’une certaine manière et peut être sans ces changements ils ne l’auraient pas reconnu.”
“Cosa vuole che le dica, io avrei lasciato tutto al naturale, lui ha voluto cambiare un po' la scenografia. D'altronde la gente è abituato a vederlo in un certo modo e magari senza quegli accorgimenti non l'avrebbe riconosciuto” (Corriere della Sera).


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