12 janvier 2010 : La famille Halimi déboutée de ses poursuites envers le magazine "Choc"

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Choc n° 120 - Juin 2009
Le tribunal correctionnel de Paris a débouté, mardi 12 janvier, la famille Halimi, qui demandait la condamnation du magazine Choc pour avoir publié en une, en mai 2009, la photo du jeune Ilan alors qu'il était aux mains du gang des Barbares (janvier 2006).
À l'audience du 17 novembre, le ministère public avait soutenu la partie civile. Il avait stigmatisé une "atteinte à la dignité d'une gravité exceptionnelle" et demandé au tribunal de condamner le mensuel à 5.000 euros d'amende. "C'était mettre de l'huile sur le feu et risquer de provoquer un trouble à l'ordre public. C'était du sensationnalisme, du racolage et non plus de l'information", avait dénoncé la procureure Carole Bochter. Le conseil de Choc, Me Richard Malka, avait lui plaidé "l'irrecevabilité" de ce recours car, en droit français, l'atteinte à la dignité "induit que la victime soit vivante". Une analyse qu'a faite sienne, mardi, la 17e chambre qui a  relaxé le magazine.
Le cliché litigieux, envoyé par les ravisseurs aux parents d'Ilan Halimi afin de leur demander une rançon, représentait la victime avec le visage enrubanné d'adhésif, un pistolet sur la tempe et les poignets entravés. Le jeune juif avait ensuite été torturé à mort. La photo avait été publiée en plein procès du gang des Barbares. Le 10 juillet, le chef présumé, Youssouf Fofana, a été condamné à la prison à perpétuité. De lourdes peines de prison ont été prononcées contre ses complices présumés. Un procès en appel aura lieu à l'automne 2010. En référé, procédure de l'urgence, la mère et les sœurs d'Ilan Halimi avaient obtenu 40.000 euros de dommages et intérêts et l'interdiction du magazine, une sanction rarissime. Une semaine plus tard, la cour d'appel avait atténué la peine, en autorisant le retour du magazine dans les kiosques avec la photo "occultée", une mesure quasi irréalisable qui n'avait pas permis la réapparition de Choc. Parallèlement, le parquet avait engagé des poursuites, aux côtés de la famille, contre le mensuel d'information à destination des 18-25 ans. C'est sur cette procédure que se prononçait mardi le tribunal. (Le Monde, 12 janvier 2010).

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