17 octobre 2011: Zarganar libéré (Birmanie), Marzieh Vafamehr condamnée à 1 an de prison et à 90 coups de fouet (Iran)

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Zarganar - Marzieh Vafamehr

 

Dans le cadre de l'amnistie décrétée par le gouvernement birman concernant 206 prisonniers politiques sur 2000, le comédien et blogueur Zarganar est sorti le 12 octobre 2011, de la prison de Myitkyina. Zarganar avait été arrêté, le 4 juin 2008, après avoir témoigné pour des médias étrangers sur la mauvaise gestion et le silence coupable du gouvernement birman face aux dégâts humains et matériels causés par le cyclone Nargis. Il avait été condamné à une peine de 35 ans de prison. Reporters sans frontières avait attribué au comédien son prix dans la catégorie "cyber dissident" en 2008. Il avait partagé ce prix avec Nay Phone Latt, propriétaire de trois cybercafés à Rangoon, condamné, le 10 novembre 2008, à vingt ans et six mois de prison pour avoir témoigné sur son blog de la difficulté des jeunes Birmans à s’exprimer librement. «Il y a toujours beaucoup de prisonniers dont nous espérons la libération, et dont le peuple espérait la libération», a déclaré le porte-parole de La Ligue nationale pour la démocratie (LND) dirigée par Aung San Suu Kyi. Zarganar s'est insurgé sur le caractère limité de l'opération, accusant le président Thein Sein d'avoir été "pingre".

L’actrice iranienne Marzieh Vafamehr a été condamnée, samedi  8 octobre 2011, à un an de prison et 90 coups de fouet pour avoir joué dans le film  My Tehran for sale («Mon Téhéran à vendre») de Granaz Moussavi. Le film co-produit par l’Australie raconte l’histoire d’une jeune actrice vivant à Téhéran dont la pièce de théâtre est interdite par les autorités et qui se voit contrainte de vivre clandestinement pour s’exprimer artistiquement. Elle y apparaît à certains moments sans voile et le crâne rasé. Marzieh Vafamehr avait été arrêtée en juillet pour sa participation au film, puis remise en liberté après le paiement d'une caution. L’agence de presse Fars a indiqué que le film n’avait pas reçu d’autorisation de diffusion en Iran mais était visionné illégalement (Libération, 10-10-2011). "Cette parodie de justice, une nouvelle fois contre une femme, est indigne. Les flagellations constituent une pratique barbare proscrite par le droit international. L’Iran doit les bannir et respecter les engagements internationaux qu’il a librement contractés, en particulier, le plein exercice de la liberté d’expression et de création" a rappelé sur son site le ministère français des Affaires étrangères (France Diplomatie, 11 octobre 2011).

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