18 décembre 2010: Représailles contre WikiLeaks

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Après neuf jours de détention et le paiement d'une caution de 282.000 euros, Julian Assange a été mis en liberté conditionnelle  jeudi 16 décembre. L'Australien de 39 ans a été assigné à résidence surveillée dans une propriété du Suffolk, à 200 kilomètres de Londres. Il devra  porter un bracelet électronique permettant à la police de le localiser à tout moment et obéir à un couvre-feu.  Son passeport lui a été confisqué et il devra se présenter quotidiennement au commissariat de Beccles, à une dizaine de kilomètres d'Ellingham Hall, lieu où il est hébergé par un ami. L'assignation dans ce manoir inclut un accès à internet (Le Point, 16-12-2010).
Après VisaEurope , MasterCard, PayPal,  Bank of America a annoncé, samedi 18 décembre, qu'elle "n'effectuera plus aucune transaction de quelque type que ce soit dont elle ait des raisons de croire qu'elle puisse être destinée à WikiLeaks. (...) Cette décision se fonde sur le fait que nous avons des raisons de penser que WikiLeaks pourrait être engagé dans des activités qui sont, entre autres, contraires à notre politique interne de paiements", a ajouté le porte-parole de la banque américaine. Julian Assange a aussitôt réagi en dénonçant une "nouvelle forme de mccarthysme financier aux Etats-Unis". Le site d'informations Huffington Post rappelle qu'en octobre 2009, lors d'un entretien, Assange avait affirmé détenir "5 gigaoctets de données provenant de Bank of America, du disque dur d'un de ses dirigeants". Vendredi, dans un entretien à la chaîne de télévision américaine CNBC, Julian Assange a déclaré que son organisation faisait l'objet d'attaques menées "pas essentiellement par des gouvernements, pas essentiellement par le gouvernement américain,(...) mais par des banques".

Guilhem Giraud, conseiller sécurité de Bull, déclare dans Le Monde (17-12-2010) que l'affaire WikiLeaks n'est "qu'un prélude. La confiscation du pouvoir et de l'argent par une minorité dans les pays développés engendre un désir de rétorsion". La tentation d'exploiter l'information comme une arme est d'autant plus grande que "la fuite n'est pas un délit". La notion de "patrimoine informationnel" n'a pas d'existence juridique.
De son côté, depuis le 3 décembre, le Pentagone  a appellé les troupes américaines à "immédiatement arrêter d'utiliser tout support de stockage amovible sur tous les systèmes, les serveurs et les machines de SIPRNET", le réseau secret de l'armée. Les militaires qui utiliseront CD, DVD, clés USB et toute autre forme de support amovible seront traduits en cours martiale.(Danger Room, 9-12-2010)

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