18 décembre 2011: "Golgotha Picnic" de Rodrigo Garcia

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Rodrigo Garcia

 

Jamais jouée en France, Golgotha Picnic, la dernière pièce de Rodrigo Garcia a été présentée au Théâtre Garonne de Toulouse, du 16 au 20 novembre, puis au Théâtre du Rond-Point, à Paris, du  8 au 17 décembre 2011. Malgré l'appui de certains évêques, comme celui du diocèse de Fréjus-Toulon, les demandes en référé de l'AGRIF n'aboutirent pas à l'interdiction du spectacle et, protégées par d'importantes forces de sécurité, les représentations se déroulèrent sans incident.
Le calendrier des représentations de Golgotha Picnic se combinant avec celui des représentations de la pièce de Castellucci (Du concept de visage du fils de Dieu) semblait favorable à une campagne dénonçant la christianophobie mais il ne permit pas aux organisateurs de concrétiser cet "automne catholique" qu'ils promettaient. La présence quotidienne de 60 à 100 personnes, en prière devant les théâtres les jours de représentations, couplée avec deux manifestations exceptionnelles, qui réunirent ponctuellement 700 personnes à Toulouse  puis 1.500 à Paris, permit de maintenir régulièrement  l'attention des médias.
Le travail patient et souterrain, mené depuis des années par les intégristes et traditionnalistes, fait ainsi son chemin et  commence  à donner des résultats visibles aussi, auprès des politiques.
Le 25 novembre 2011, 57 députés de l'UMP reprirent la proposition de Civitas de "faire déposer une loi visant à retirer toutes subventions publiques à une organisation culturelle qui programmerait un événement offensant une religion". (Les Inrockuptibles, 6-12-2011). Il s'agit de Jean-Paul Garraud (Gironde), Elie Aboud (Hérault), Etienne Pinte (Yvelines), Jean-Michel Ferrand (Vaucluse), Marc Le Fur (Côtes d'Armor), Philippe Vitel (Var), Dominique Tian (Bouches du Rhône), Jean-Pierre Decool (Nord), Jacques Remiller (Isère), Dominique Souchet (Vendée), Jean-Claude Bouchet (Vaucluse), Daniel Mach (Pyrénées-Orientales), Véronique Besse (Vendée), Jean-Marc Nesme (Saone et Loire), Lionnel Luca (Alpes-Maritimes), Louis Cosyns (Cher), Michel Terrot (Rhône), Alain Marty (Moselle), Christian Ménard (Finistère), Valérie Boyer (Bouches-du-Rhône), Daniel Spagnou (Alpes de Haute-Provence), Jean-Pierre Marcon (Haute-Loire), Nicolas Dhuicq (Aube), Bernard Carayon (Tarn), Etienne Mourrut (Gard), Jean-Pierre Grand (Hérault), Philippe Cochet (Rhône), Patrick Labaune (Drôme), Claude Gatignol (Manche), Pascal Clément (Loire), Gérard Lorgeoux (Morbihan), Claude Bodin (Val d'Oise), Michel Grall (Morbihan), Philippe Goujon (Paris), Jean-Louis Christ (Haut-Rhin), Alain Suguenot (Côte-d'Or), Pierre-Christophe Baguet (Hauts-de-Seine), Alain Moyne-Bressand (Isère), Gérard Hamel (Eure-et-Loire), Geneviève Colot (Essonne), Jean-Charles Taugourdeau (Maine-et-Loire), Marie-Christine Dalloz (Jura), Jean Ueberschlag (Haut-Rhin), Didier Gonzalès (Val de Marne), Christophe Guilloteau (Rhône), Franck Gilard (Eure), André Flajolet (Pas-de-Calais), Guy Teissier (Bouches-du-Rhône), Jacques Grosperrin (Doubs), Pascale Gruny (Aisne), Michel Diefenbacher (Lot-et-Garonne), Gilles Bourdouleix (Maine-et-Loire).
C'est également la position exprimée le 8 décembre 2011 à l'Hôtel-de-Ville de Paris par  le sénateur centriste et conseiller de Paris du 7e arrondissement, Yves Pozzo di Borgo, pour lequel "l'oeuvre artistique Golgota Picnic, parce qu'elle "déstabilise" l'équilibre trouvé en France entre les religions, contrevient au principe de laïcité et ne doit pas faire l'objet d'un financement de la Ville de Paris." Selon lui, "la laïcité impose à l'Etat et aux collectivités territoriales un principe de neutralité à l'égard des religions, qui leur interdit autant d'en faire la promotion que de les dénigrer". C'est le même raisonnement qu'avaient tenu Alexandre Marciel, Cécile Ramos et Maryse Jardin-Ladam, trois élus radicaux de gauche à la municipalité de Toulouse: "Au nom du principe républicain de laïcité, nous réaffirmons que les fonds publics alloués à la culture, aux œuvres artistiques ne doivent participer ni au prosélytisme religieux ni à l’intolérance religieuse, en clair, nous réaffirmons le principe fondamental de la séparation de l’Eglise et de l’Etat."  (La Vie, 18-11-2011).

Même si le texte d'une pièce de théâtre peut être comparé à des "cendres", comme l'écrit Rodrigo Garcia en préface à l'édition de son théâtre en deux tomes (1986-1999 / 2000-2009), il est possible de se faire une idée du spectacle "Golgotha Picnic", en lisant le texte qui vient d'être également publié par Les Solitaires intempestifs.

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