18 mars 2010: Condamné pour "trouble manifestement illicite", le FN contourne l'interdiction

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Vendredi 12 mars 2010, avant-veille du premier tour des élections régionales, le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille a ordonné le retrait des affiches «Non à l’islamisme» du FN, les jugeant constitutives «d’un trouble manifestement illicite». (Voir Observatoire de la censure, 10 mars 2010). Le tribunal a estimé que «cette affiche est non seulement de nature à provoquer un sentiment de rejet et d’animosité à l’encontre d’un groupe de personnes dont sont visées les pratiques religieuses, les femmes et la nationalité mais, en outre, s’adresse essentiellement à la jeunesse de nature plus influençable». L’ordonnance reconnaît que «Cette affiche provocatrice est constitutive d'un trouble manifestement illicite», et a condamné le FN  «à faire procéder à son retrait de tous les supports sur lesquels elle a été placée, de quelque nature qu'ils soient dans un délai de 24 heures (...) puis sous astreinte de 500 euros par jour de retard»
Dimanche 14 mars 2010, peu après 20h, la première chaîne de télévision privée invitait le leader du FN à  commenter, depuis Nice, les résultats de son parti lors du premier tour des régionales. En  “prime time” et en direct, le leader du FN lançait sa campagne pour le second tour en exhibant un nouveau visuel ressemblant au premier, mais qui devrait difficilement pouvoir être interdit. On retrouve le même texte (Non à l’islamisme), mais le fond qui posait problème (femme en burqa, carte de France recouverte du drapeau algérien et de minarets) est maintenant flouté et barré d’un bandeau rouge où est inscrit en blanc: CENSURÉ.
Pour mémoire, parmi la trentaine de condamnations concernant le leader du FN depuis 1960, pour "menaces de mort", "coups  et blessures volontaires", "apologie de crime de guerre", "antisémitisme insidieux", "provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciale", "diffamation", "oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer""banalisation de crimes contre l'humanité, consentement à l'horrible"... (Wikipedia), il faut noter celle du 23 mai 1991: la cour d'appel de Lyon avait confirmé l'interdiction de l'affiche du Front national "SIDA : Socialisme, Immigration, Drogue, Affairisme". Les juges avaient expliqué  : "L'utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l'immigration, qui représenterait un danger aussi grave que la maladie, porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées."

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