18 novembre 2010: "La démocratie, c'est la liberté d'expression" Aung San Suu Kyi (Birmanie) 

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"La démocratie, c'est la liberté d'expression", a déclaré la lauréate du Prix Nobel de la Paix 1991, après sa libération, samedi 13 novembre 2010,  au lendemain d'élections truquées par la junte birmane,  auxquelles ni elle, ni son parti  interdit - la Ligue Nationale pour la Démocratie - n'avaient pu participer.
"Je n'ai aucune rancune à l'égard de ceux qui m'ont détenue. Je crois en les droits de l'homme et en la règle de droit" a  précisé Aung San Suu Kyi qui aura passé plus de 15 des 21 dernières années, privée de liberté, en résidence surveillée ou en prison. link
Il faut souhaiter que le Chinois Liu Xiaobo, Prix Nobel de la Paix 2010, ne connaisse pas une telle suite d'épreuves.  Philosophe et écrivain, Liu Xiaobo a été condamné  le 23 décembre 2009 à onze ans de prison pour des articles publiés sur Internet et pour sa participation à l’élaboration d’un texte, La Charte 08,  appellant les dirigeants chinois à sortir de la «modernisation autoritaire» pour «épouser les valeurs universelles, rejoindre les nations civilisées et bâtir un système démocratique». Le "criminel", incarcéré pour "subversion du pouvoir de l'État", a déjà passé vingt mois en prison suite aux événements de Tiananmen en 1989, puis trois ans en camp de travail et huit mois aux arrêts à domicile dans les années 1990... Il est emprisonné depuis son arrestation en décembre 2008. L'information concernant sa nobélisation avait été aussitôt censurée par les chaînes de télévision, les radios, les journaux, les principaux sites internet chinois. Les SMS contenant le nom du lauréat avaient été bloqués. La photographe Liu Xia, épouse du dissident chinois, a été mise en résidence surveillée.
Comme Aung San Suu Kyi en 1991, Liu Xiabao n'a pas l'autorisation de sortir de Chine, et ne pourra donc se rendre en Suède à la remise de son prix, le 10 décembre 2010. La Chine fait de plus pression sur plusieurs pays pour qu'ils ne participent pas à la cérémonie. À Pékin, le vice-ministre des Affaires étrangères, Cui Tiankai, a menacé les pays qui apporteraient leur soutien au dissident : « Les pays européens veulent-ils jouer à un jeu politique pour défier le système judiciaire chinois ou souhaitent-ils développer une réelle relation d’amitié avec le peuple et le gouvernement chinois ? ». Il a ajouté  : « S’ils font le mauvais choix, ils devront en supporter les conséquences. » (Libération, 6-11-2010) "À ce jour, 36 ambassadeurs ont accepté notre invitation, 16 n’ont pas répondu et six ont dit non", a déclaré  le directeur de l’Institut Nobel, Geir Lundestad. Malgré les mises en garde chinoises, la plupart des pays européens, dont la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ainsi que les Etats-Unis ont déjà confirmé leur participation. La Chine, la Russie, le Kazakhstan, Cuba, le Maroc et l’Irak ont indiqué qu'ils ne seraient pas là. (AFP, 18-11-2010)

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