19 août 2011: "Aarakshan" ou la discrimination positive vue par Bollywood (Inde)

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Aarakshan - Prakash Jha

 

Vendredi 19 août 2011, la Cour suprême indienne a demandé à l’Uttar Pradesh, l'Andhra Pradesh et au Pendjab, de lever l'interdiction de diffusion concernant le film Aarakshan. Elle a rappelé que le visa accordé au film était valable dans l'Inde entière, sans exception et affirmé que le "débat public et la contestation sont nécessaires dans une société démocratique." (Times of India - The Hindu, 19-08-2011)
SortIe en Inde le 12 août, la comédie musicale de Jha Prakash avait été interdite de diffusion dans ces trois États, les autorités publiques prétextant le risque  de violences sociales.
À travers l'histoire d'un directeur d'université et de sa fille amoureuse d'un étudiant d'origine "intouchable", Aarakshan (quota en hindi) traite d'un sujet sensible en Inde : le  système des castes et la politique de discrimination positive pratiquée envers les dalits ou intouchables. 180 millions de dalits, littéralement "opprimés", citoyens les plus pauvres de la société, bénéficient de quotas établis par la Constitution de 1950 qui leur réserve un minimum de 22% des places dans l'éducation ou les emplois de la fonction publique. Ce qui soulève régulièrement les protestations de membres de la classe moyenne et de la classe supérieure.
Avant la sortie nationale d'Aarakshan et après son visionnage, le chef de la Commission nationale sur les castes défavorisées avait estimé que le film était "anti-dalits" et anti-discrimination positive. La Commission avait demandé aux autorités de censure cinématographique de faire retirer au moins cinq passages dans les dialogues jugés tendancieux. Cet avis négatif avait certainement joué un rôle dans l'interdiction du film dans les trois États, ainsi que dans les manifestations où des protestataires, se sentant méprisés, avaient brûlé les affiches du film.  
Le choix de Saif Ali Khan, héritier d'une dynastie royale pour jouer le personnage de l'étudiant dalit, avait également déclenché une polémique. «Cette objection est injuste. En suivant cette logique, est-ce qu'ils disent qu'un dalit ne pourrait pas jouer le rôle d'un roi dans un film?», s'était interrogé le réalisateur Jha Prakash. (Le Matin - AFP, 12-08-2011)
La décision de la Cour suprême de New Delhi va rouvrir à la superproduction bollywoodienne un marché de 270 millions d'habitants et, peut être, faire retomber la tension. Les acteurs  s'étaient vus attribuer des gardes du corps .


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