19 janvier 2011: L'École Normale Supérieure annule une communication de Stéphane Hessel sur Gaza (Paris)

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indignez-vous - S. Hessel

 

Stéphane Hessel - auteur à succès avec son livre Indignez-vous!, paru aux éditions Indigène et vendu à presque 1 million d'exemplaires - a été privé à la dernière minute, par la direction de l'ENS, de la salle Jules-Ferry où il devait faire, mardi 18 janvier, un  compte-rendu de ses derniers voyages à Gaza. La direction de l'École Normale Supérieure a déclaré dans un communiqué que "la réservation n'avait pas été faite en mentionnant la nature exacte de la réunion".  
Autour de Stéphane Hessel, devaient se retrouver sur la tribune Leïla Shahid, représentante de la Palestine à Bruxelles, les pacifistes israéliens Michel Warschawski et Nurit Peled, l'ancienne garde des sceaux et députée socialiste Elisabeth Guigou, le secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature, Benoist Hurel.
M. Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des associations juives de France (CRIF) s'est félicité de l'annulation de la conférence et a salué le rôle joué par Valérie Pécresse "ainsi que le rectorat de l'Université de Paris que nous avons contactés en urgence [et qui] ont réagi sans ambiguïté". Sur le site Internet du CRIF, M. Prasquier avait dénoncé "un crime contre l'esprit", commis par "quelques élèves de l'école convertis au terrorisme intellectuel", accusés de défendre la campagne, selon lui "illégale", de boycott des produits israéliens ("Boycott, désinvestissement, sanctions" ou BDS). (Le Monde, 7-1-2011).

Sur France Culture (Les matins,19-1-2011), le philosophe Raphaël Einthoven, étonné par les accusations de "censure", "d'atteinte à la liberté d'expression", réagissait en défendant le CRIF et soulignait "l'absence d'opinions contradictoires", la "position unilatérale" de la tribune: "si censure il y a, elle est dans l'absence d'altérité dans une rencontre à la tribune."

Pour rappel, en novembre 2010, le CRIF avait protesté contre l'exposition photographique "Gaza 2010" de Kai Wiedenhöfer présentée au Musée d'art moderne de la ville de Paris. Il estimait que le photographe "ne veut pas simplement montrer des victimes d'opérations de guerre comme il y en a malheureusement dans tous les conflits armés. Il fait oeuvre de propagande". Le musée avait dû fermer un jour suite à l'intervention d'une trentaine de militants  du collectif Europe israël et de la Ligue de défense Juive qui avaient distribué des tracts pro-israéliens (AFP, 15-11-2010). L'exposition Gaza 2010 présente 85 photographies en couleurs "autour de deux thèmes majeurs, les décombres et les portraits : 35 photographies de bâtiments détruits dont 10 panoramiques montrant les stigmates des bombardements et 50 portraits de Gazaouis blessés au cours de l’opération Plomb durci". link

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