19 juin 2010: Tee-shirts outrageants, sexistes, mini-jupes illégales (Bobigny, Perpignan, Johannesburg)

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La  cagoule ou la burqa ne sont pas les seuls éléments vestimentaires à faire l'objet d'une attention particulière.

À Bobigny, le parquet a requis trois mois de prison avec sursis contre le créateur de la ligne de vêtements "streetwear" BAK,  pour "outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique" et "provocation non-suivie d'effet au crime ou délit". Lors de son interpellation à Drancy le 20 avril 2006,  M. Da Silva  écoutait de la musique à bord de sa voiture et arborait un tee-shirt de sa conception, orné d'une tête de mort barrée de deux armes. À l'arrière du véhicule, les policiers avaient trouvé d'autres tee-shirts commercialisés par sa SARL, portant les inscriptions Brigade Anti Karcher 93 et BAKK, comme Brigade Anti Keuf Korrompus. "Je suis pour une police saine" a déclaré à la barre le prévenu, originaire de la cité des 4000 à La Courneuve. Son conseil a plaidé la "liberté d'expression" et demandé la relaxe. La décision sera rendue le 16 septembre 2010. Dans un communiqué, Martine Vellard, conseillère régionale du syndicat de police Synergie avait dénoncé ce type d'agissement qui "participe à la  banalisation de la haine du policier". (AFP)

À Perpignan, le Conseil général des Pyrénées-Orientales s'apprêtait à voter une subvention de deux millions d'euros pour les trois prochaines saisons de l'équipe de rugby de l'Union Sportive des Arlequins de Perpignan  (USAP), quand la conseillère générale socialiste Ségolène Neuville a exhibé deux tee-shirts vendus dans les boutiques du club catalan et sur internet:  on pouvait lire sur l'un "Suck me I play rugby " ("Suce-moi, je joue au rugby") et, sur l'autre, "Crouch, Touch, Pause, Engage" ("Penchez-vous, tenez-vous, attendez, entrez"), reprise des mots des arbitres lors des mêlées, illustrés par une silhouette féminine penchée dans quatre positions différentes. La conseillère générale a demandé que "l'USAP adopte la Charte européenne pour l'égalité des hommes et des femmes dans la vie locale". Le président du département a alors demandé: "Qu'on rajoute à la convention de partenariat avec l'USAP que le club votera et respectera cette charte, que ses joueurs ne feront pas la publicité de ces tee-shirts sans quoi nous nous retirerions. Nous ne financerons pas une entreprise qui se laisse aller dans le porno et la vulgarité ". (Le Midi Libre, 17 juin 2010). À ce jour, les associations de défense des homosexuels n'ont pas encore pris position...

À Johannesburg (Afrique du Sud), la FIFA, qui a engrangé  plus d'un milliard de dollars de recettes marketing, veille sur les intérêts de ses clients, sponsors officiels de la compétition. Lundi 14 juin 2010, elle a fait arrêter, à la mi-temps du match Pays-Bas-Danemark, trente-six jeunes supportrices de la Hollande vêtues de mini-jupes orange - couleur de l'équipe de football néerlandaise. Même si aucun logo n'apparaissait visiblement sur leurs vêtements, elles sont soupçonnées de "marketing parasitaire" au profit d'un brasseur batave non autorisé. Deux d'entre elles, ressortissantes hollandaises, ont comparu devant un tribunal d'exception créé pour le Mondial. Elles ont été remises en liberté contre une caution de 10.000 rands (environ 1.000 euros) et ont dû remettre leur passeport aux autorités. Le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Maxime Verhagen, a vivement réagi : "C'est insensé qu'une peine de prison plane au-dessus de la tête de deux femmes pour avoir porté des jupes orange dans un stade de football (...) L'arrestation et l'inculpation sont une réaction disproportionnée (...) Si l'Afrique du Sud ou la Fifa veulent poursuivre une société pour publicité illégale, ils doivent entreprendre une procédure juridique contre la société et pas contre de simples citoyens qui portent une jupe orange". Mercredi 16 juin, 3.000 personnes ont défilé à Durban en scandant "Dehors, la mafia de la Fifa !". "Le gouvernement a pris tout l'argent des contribuables pour la Fifa", a expliqué l'un des organisateurs de la manifestation, Desmond D'sa. Un autre a renchéri:  "S'il y a de l'argent pour les stades, il ne devrait pas y avoir de sans-abri et de gens qui vivent dans des bicoques". (Le Parisien.fr)

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