1er avril 2011: Un "rêve tunisien", les perceptions de Mohamed Kacimi et de Frédéric Mitterand

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M. Kacimi - L'orient après l'amour

 

Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, se rendra en visite officielle à Tunis les 2 et 3 avril (Le Monde, 29-03-2011). Comment sera-t-il accueilli  par les Tunisiens, qui n'ont probablement pas oublié les déclarations qu'il avait faites en janvier 2011, en pleine répression du soulèvement populaire par la police tunisienne?

Quelques jours après que la ministre des affaires étrangères de l'époque, Michèle Alliot-Marie, eut proposé le "savoir-faire" des forces de sécurité françaises au régime Ben Ali,  il avait déclaré sur Canal + : "Dire que la Tunisie est une dictature univoque comme on le fait si souvent me semble tout à fait exagéré". Suite à la déclaration de l'amiral Jacques Lanxade - ambassadeur de France en Tunisie de 1995 à 1999 - indiquant  au JDD que le ministre bénéficiait de la double nationalité franco-tunisienne, octroyée par Ben Ali, laissant entendre (RMC, 17-3-2011) que cela pourrait expliquer son indulgence envers le régime, le ministre concédait sur France-Inter: "Il se trouve que, sans doute, peut-être, le régime a essayé de me récupérer en me donnant la nationalité, mais je n'ai pas fait de compromis, aucun".

Pour un éclairage sur le sujet, il n'est  pas inintéressant de  lire l'analyse de l'écrivain et dramaturge Mohamed Kacimi. Dans son livre L'Orient après l'amour, paru en 2008 chez Actes Sud, Mohamed Kacimi écrivait : "Grâce à Ben Ali, la Tunisie est aujourdʼhui un vaste goulag où des millions de blaireaux bronzent à 150 euros la semaine en formule all inclusive. Un goulag dont les miradors sont cachés par des sacs FRAM et des serviettes de plage." En complément, on pourra relire "Un rêve tunisien" (link), savoureux reportage publié en mai 2009 par La pensée de Midi: le dramaturge y raconte comment, à cause des lignes mentionnées ci-dessus, son séjour à Tunis, où il était invité à participer au Salon du livre, avait été écourté.

 

 



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