20 juillet 2010: Vers un retour des "gros mots" à la télévision et à la radio (États-Unis)

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Une cour d'appel de New York a donné raison mardi 13 juillet 2010 à Fox Television, CBS Broadcasting, NBC et ABC en déclarant à l'unanimité certaines règles de décence applicables aux médias contraires à la Constitution. Jusqu'ici, le vocabulaire banni à l'antenne par la Commission fédérale des communications (FCC, équivalent du CSA aux États-Unis) correspondait à celui qui «décrit des activités sexuelles ou excrétoires». Étaient  notamment visés sept "gros mots": shit, piss, fuck, cunt, cocksucker, motherfucker, tits. La Cour a jugé que les règlements en vigueur avaient "un effet paralysant allant bien au-delà des obscénités visées". (AFP)
Ces dernières années, les règles de décence étaient appliquées de manière pour le moins arbitraire et versatile. Selon Le Figaro,  le principe de pudeur n'était applicable qu'aux chaînes gratuites, instaurant une discrimination de fait avec les chaînes du câble. Le gardien des bonnes mœurs avait fermé les yeux sur la vingtaine de gros mots recensée dans le film Il faut sauver le soldat Ryan mais était tombé à bras raccourcis sur le groupe de télévision publique PBS pour le film The War sur la Seconde Guerre mondiale... Suite au psychodrame déclenché par le sein nu dévoilé par Janet Jackson, lors du Superbowl de 2004, "les amendes infligées aux chaînes de télévision pour tout écart de conduite sur leurs plateaux avaient été multipliées par dix, atteignant la somme astronomique de 325.000 dollars. En 2005, le montant cumulé des amendes plafonnait à 8 millions de dollars, un record dans l'histoire de la censure médiatique pour atteinte aux bonnes mœurs. Les chaînes s'étaient alors engouffrées dans un cercle vicieux, en renonçant aux directs ou en décommandant des invités ayant eu des «précédents» en matière de dérapage verbal". Il semblerait que la FCC n'ait pas dit son dernier mot et fasse appel devant la Cour suprême.

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