21 avril 2010 : Le concert à Paris de "Maghreb United" n'a pas été interdit

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Affiche Maghreb United

 

Comme  le rapporte Le Monde (12 avril), le concert du collectif Maghreb United, regroupant une quarantaine d'artistes de rap, raï et R'n'B, a bien eu lieu samedi 10 avril 2010 dans un Zénith "quasiment plein".
Deux jours auparavant (Le Figaro, 8 avril), les députés UMP du Val d'Oise Yanick Paternotte et Claude Bodin avaient demandé son interdiction dénonçant "les appels à la haine et à la violence de pseudo chanteurs n'ayant de cesse de bafouer et d'insulter nos valeurs nationales et tous ceux qui sont chargés de les faire respecter". Les députés avaient pointé en particulier les chansons « Face à la police » de Rim’K, et « La Vie qui va avec » de Sefyu, rappeur d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), révélation des Victoires de la musique 2009. Aucun des deux titres ne figure pourtant au répertoire de Maghreb United et le premier texte a même plus de dix ans souligne Le Parisien (10 avril).
En novembre 2009, Jacques Bompard, maire d’Orange, ancien membre du FN et président de la Ligue du Sud, avait écrit au maire de Marseille et au préfet des Bouches-du-Rhône pour demander l’interdiction de la soirée Maghreb United dans la cité phocéenne. Pour accompagner son courrier, il avait joint sur son site internet une liste d’extraits de chansons appelant selon lui à la haine et au racisme anti-français. La liste a été depuis reprise par des blogs d’extrême droite, se disant victimes d'un racisme "anti-blancs". Les soirées Maghreb United avaient été annulées à Lyon et à Seyssins en novembre dernier, à Marseille en décembre. (Europe 1)
Olivier Cachin, journaliste et spécialiste du rap, remarque  dans Le Monde la récurrence des attaques contre les rappeurs. Il rappelle l'affaire Orelsan (voir Prix Tartuffe 27 et 28 mars, 7 avril, 4 juillet 2009 ) et l'affaire Grosdidier. Fin 2005, le député RPR de la Moselle François Grosdidier (aujourd'hui UMP) avait saisi le ministère de la justice contre les artistes ou les groupes Monsieur R, Lunatic et 113, entre autres, pour "incitation au racisme et à la haine", avant d'être débouté en 2006 de sa plainte, jugée irrecevable.

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