21 décembre 2010 : WikiLeaks, l'Empire  prépare  la contre-attaque

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Le gouvernement américain est toujours à la recherche d'une accusation susceptible de permettre l'extradition de Julian Assange aux États-Unis. Il semble avoir abandonné l'accusation d'espionnage -  pour cela, il lui faudrait démontrer que WikiLeaks, à l'origine, n'est pas un média d'information -  et semble s'orienter vers une autre solution. Dimanche 19 décembre, le vice-président Joe Biden a qualifié Julian Assange de "terroriste high-tech" et  déclaré : "Cet homme a fait des choses qui ont nui, mis en péril la vie et le métier de certaines personnes dans le monde. Il a rendu plus compliquée la conduite de nos affaires avec nos alliés et nos amis. S'il a comploté avec un militaire des États-Unis pour mettre la main sur ces documents secrets, c'est fondamentalement différent d'un journaliste à qui on les remettrait". Selon Le Monde (20-12- 2010 ), l'accusation de complot permettrait à l'administration américaine de rendre Julian Assange responsable d' "atteinte à la sécurité nationale", tout en justifiant que les médias traditionnels restent couverts par la liberté d'expression protégée par la Constitution.

La direction de la communication du Pentagone a défendu à tous ses collaborateurs (chargés de presse, chaîne de télévision du Pentagone...) de consulter des "informations classifiées" même si elles sont devenues publiques après leur révélation par WikiLeaks. Cette mesure, qui "défie la réalité", concerne aussi les journalistes de Stars and Stripes. Bien qu'édité par le ministère de la Défense, ce journal destiné aux membres des forces armées déployés à l'étranger (Europe, Moyen-Orient, Japon, Corée du Sud) est éditorialement indépendant, et ses journalistes, comme dans les médias traditionnels, sont couverts par la liberté d'expression protégée par la Constitution. "L'indépendance éditoriale de Stars and Stripes et le droit de ses lecteurs à une information libre de toute censure sont menacées par une réponse excessive et mal orientée à la débâcle WikiLeaks", a dénoncé dans un billet mis en ligne sur internet le médiateur de Stars and Stripes. (NouvelObs.com, 18-12-2010)
Sur  WikiLeaks, voir Observatoire de la censure : 18 décembre 2010, Représailles contre WikiLeaks; 13 décembre 2010, Réduire WikiLeaks au silence ou une tentative de censure à l'échelle internationale; 22 octobre 2010 : Le Pentagone fait brûler 9.500 exemplaires de Opération Dark Heart et fait caviarder la seconde édition du livre.

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