21 octobre 2010 : Retour de flammes

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L'année 2010 aura été marquée par l'apparition d'un nouveau mot: "photodafé".  À Chalon-sur Saône,  lundi 11 janvier 2010, pour  "dénoncer un système qui rend impossible pour le photographe de vivre de son travail", Jean-Baptiste Avril, photographe professionnel, brûlait 17 planches de 36 négatifs, la quasi-totalité des clichés qu’il avait réalisés à Tel-Aviv en 2008, sur le thème de l'architecture de la capitale israélienne. (Voir Observatoire de la censure, 30 janvier 2010)

2010 aura aussi été marquée  par un très médiatique chantage à l'autodafé et par la recrudescence d'autodafés.
Quelques jours avant le 9ème anniversaire du 11 septembre 2001, une tension internationale étaient créée par le pasteur Terry Jones de Gainesville (Floride). À la suite de la dessinatrice Molly Norris ( "le 20 mai, tout le monde dessine Mahomet"), il appelait  à une journée internationale sur le thème: "le 11 septembre, tout le monde brûle le Coran" ("Burn the Coran"). Il  menaçait à lui seul d'en brûler deux cents exemplaires devant son église. De nombreux responsables (militaires, politiques, religieux) avaient été  amenés progressivement à intervenir pour dissuader le pasteur de pratiquer cet autodafé. Le 7 septembre, le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général David Petraeus,  estimait que s'il mettait à exécution son projet de brûler publiquement un exemplaire du Coran le 11 septembre, "cela mettrait en danger les troupes américaines." Il était bientôt suivi par le chef de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, le président américain Barack Obama, le chef du Pentagone Robert Gates. L'Union européenne  exprimait son "opposition au projet" tout comme le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. Les présidents de l'Indonésie, de l'Inde, du Pakistan condamnaient le projet du pasteur, et parlaient d'une initiative qui risquait d' "enflammer" le monde musulman. Pendant ce temps,  de nombreux sites islamophobes relayaient sur Internet l'initiative du pasteur. Certains en France conseillaient de brûler en partie une seule page en arabe et pliée en quatre du Coran puis d'envoyer à titre de message, le résultat dans une enveloppe à des élus politiques (maires, députés, sénateurs, conseillers régionaux...). Après un long et haletant suspens  - entretenu et relayé par CNN, les médias internationaux, Internet - le pasteur renonçait finalement à son geste, et n'obtenait pas comme il l'avait demandé le déplacement du centre culturel islamique qui doit être construit sur "Ground Zero".
Différentes initiatives fumeuses ont eu lieu de par le monde,  filmées et diffusées sur la toile, et dont la presse s'est fait l'écho.
En Angleterre, la police de Northumbria a arrêté pour "incitation à la haine raciale"  six hommes qui, à  Gateshead, le 11 septembre, avaient réalisé une vidéo les montrant en train de brûler des exemplaires du Coran (Actualitté, 24-10).
En France, la police strasbourgeoise a interpellé un homme, âgé de 30 ans domicilié à Bishheim, qui avait mis sur internet un film où on pouvait le voir arborant un masque de diable, découper d'abord une page du Coran puis en faire un avion qu'il lançait sur deux verres censés représenter les tours jumelles du World Trade Center. Il avait enflammé cette page du Coran à l'aide d'alcool à brûler, puis mis le livre entier au feu, avant, pour finir, d'éteindre les flammes en urinant dans un saladier. (Le Parisien, 4-10-2010)
En Australie, le 11 septembre, un avocat de Brisbane, Alex Stewart s'était roulé successivement deux "pétards" de marijuana  avec un page de la Bible puis du Coran. Il les avait fumés consciencieusement au cours d'une performance filmée intitulée : "Bible ou Coran, lequel brûle le mieux?" (Actualitté, 14 -10-2010)

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