28 août 2010: Cinq internautes condamnés pour outrage à représentant de l'État (Pau)

Publié le

Six citoyens, membres de Réseau Education Sans Frontières (RESF), étaient poursuivis par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Philippe Rey - déjà connu  pour son insistance à demander l'effacement de la fresque de Billère - après lui avoir envoyé des courriels dans lesquels ils s'indignaient de  la situation d’une famille albanaise placée en centre de rétention en juillet 2008 avec deux enfants de 5 et 7 ans. link
Cinq d'entre eux  ont été condamnés à des amendes de 1.000 euros avec sursis, par le tribunal correctionnel de Pau (12 août 2010), pour outrage à représentant de l’État.
"Toute liberté à ses limites, y compris la liberté d’expression", avait estimé le procureur de Pau, dans son réquisitoire. "Là, on est dans l’abus du droit à l’expression. L’ensemble des termes utilisés renvoie expressément à la période de Vichy", avait-t-il dit, énumérant les termes employés dans les courriels: "rafle", "étoile jaune", "Papon", "wagons vers l’Allemagne" ou "nazis"(Sud-Ouest / AFP).
Quelques jours avant ce jugement (7 août 2010), Michel Rocard déclarait dans l'hebdomadaire Marianne, à propos de la loi visant à condamner les parents de mineurs délinquants: «On passe de la responsabilité pénale individuelle à la responsabilité collective. On n’avait pas vu ça depuis Vichy. On n’avait pas vu ça depuis les nazis». Quelques jours après, Jean-Pierre Grand, député UMP de l'Hérault, commentait en ces termes l'évacuation, le 14 août, d'un camp de Roms à Montreuil: "Tous les Républicains ne pourront que condamner ces méthodes qui rappellent les rafles pendant la guerre" (Le Point).
Pour mémoire, en 1997, Albert Jacquard, poursuivi par un syndicat de police pour avoir comparé, lors d'une émission de télévision sur France 2, "l’intervention des fonctionnaires de police chargés de l’évacuation de l’Eglise Saint-Bernard à la rafle du Vel d’Hiv", avait été relaxé.  Le TGI de Paris avait jugé que les propos du scientifique n'étaient pas outrageux et n’excédaient pas " les limites d’un légitime débat de nature politique ".

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article