23 décembre 2010: Outrage au drapeau (Nice-Paris)

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C'est à Nice  qu'avait eu lieu l'acte artistique à l'origine du renforcement de la loi punissant l'outrage au drapeau tricolore. (Voir Observatoire de la censure, 22 avril, 6 juillet, 28 juillet, 5 octobre 2010)
C'est à Nice également que vient d'être condamné un jeune homme de 26 ans qui, "exaspéré des lourdeurs et lenteurs de l'administration, s'est emparé du drapeau français qui se trouvait dans le hall de la préfecture, a cassé le manche en deux et en a jeté les morceaux vers la fonctionnaire qui se trouvait derrière le guichet, sans l'atteindre" (AFP, 22-12-2010).
Poursuivi par le préfet des Alpes-Martimes pour "dégradation de biens publics, détérioration d'un symbole de la République française et outrage au drapeau tricolore", le vandale a été condamné par le tribunal correctionnel de Nice à une amende de 750 euros avec sursis, quatre mois de prison avec sursis pour rébellion ainsi qu'à une obligation de suivre un "stage de citoyenneté".

Pour rappel, le 27 septembre 2010, la Ligue des droits de l'Homme annonçait avoir déposé devant le Conseil d’État un recours contre le décret n°2010-835 du 21 juillet 2010 du ministère de la Justice, punissant d’une amende de 1.500 euros l’outrage au drapeau français. La LDH, contestant l'extension du délit aux oeuvres de l'esprit, considère que ce décret, est "en violation de la Constitution et du principe de liberté d’expression". link
Dans l'attente de la  décision du Conseil d'État, et/ou de la première condamnation en France pour outrage au drapeau dans le cadre d'un acte artistique, il est toujours temps de se rendre à Paris, au Louvre, voir l'exposition Contrepoint russe. De l'icône au musée en passant par l'avant-garde (14 octobre 2010 - 24 janvier 2011) : le visiteur  pourra y méditer devant cette oeuvre  de Avdey Ter-Oganian intitulée : "Cette œuvre est une atteinte aux symboles nationaux de la Fédération de Russie et au drapeau russe".
Pour plus de détails sur Avdey Ter-Oganian:  link


Avdey Ter-Organian

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