23 novembre 2010:  La fresque de Billère  menacée d'effacement (Pyrénées-Atlantiques)

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Billère fresque studio tricolore

 

Dans la bataille qui, depuis plus d'un an, oppose Philippe Rey à Jean-Yves Lalanne, maire de Billère, le préfet des Pyrénées-Atlantiques vient de marquer un nouveau point. La cour d'appel de Bordeaux a confirmé (26-10) la  décision du tribunal administratif de Pau rendue le 12 janvier 2010 et impose à la mairie de Billère d'effacer la fresque, dite des expulsés, avant le 26 décembre, avec une astreinte de 100 euros par jour au-delà de cette date.
Réalisée sur le mur d'un bâtiment communal, par les artistes du Studio Tricolore, l'oeuvre d'art est dédiée à la mémoire des enfants étrangers et de leurs parents sans-papiers expulsés.
Le tribunal a notamment considéré que le fait de réaliser une telle œuvre, où se côtoient les mots de « liberté », « égalité » et de « honte », sur le mur extérieur d'une salle communale, contrevient « au principe de neutralité des services publics ». Il estime, par ailleurs, que la mairie ne pouvait s'affranchir du vote d'une délibération, en Conseil municipal. Depuis son inauguration, le 5 septembre 2009, le préfet des Pyrénées-Atlantiques demande que la fresque soit effacée. Le 8 mai 2010, elle avait été badigeonnée par des "identitaires béarnais" qui avaient écrit en rouge: "C'est fait, M le Préfet."  (Voir Observatoire de la censure, 20 mai 2010) 
La municipalité de Billère a annoncé qu'elle allait lancer une procédure de tierce opposition à ce jugement, qui porterait "atteinte  à la liberté de création", dans la mesure où les auteurs de l'oeuvre, les artistes du  Studio Tricolore, n'ont pas été pris en compte.  La juridiction a deux mois pour se prononcer. (Sud Ouest, Le Parisien, La République des Pyrénées,  2 et 3-11-2010)

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