28 août 2010: Mises à nu dans l'espace public (Aurillac)

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Comme le laissait présager le dessin de l'affiche montrant un personnage entièrement dévêtu, la 25ème édition du Festival International de théâtre de rue d'Aurillac (18-21 août) fut marquée par différentes mises à nu dans l'espace public.
La plus médiatisée fut sans aucun doute celle, massive, organisée par le photographe Spencer Tunick. Déclinant sur le  mode magrittien, le parapluie, objet emblèmatique de la préfecture cantalienne qui a donné son nom au Centre national des arts de la rue d'Aurillac, l'artiste réunissait le vendredi 20 août, au petit matin, pour deux installations-performances, tout d'abord 700 bénévoles nus équipés de parapluies noirs, dans un  champ dominant la ville, puis 500  figurants deshabillés, sous des parapluies blancs transparents, dans deux rues du centre ancien. link
Le samedi après-midi, l'une des prises de vue, tirée sur bâche, était exposée sur la façade de l'hôtel de ville; le soir, à 22h, des photos  étaient projetées sur la façade d'un des immeubles de la place de la Paix.
Si la double mise à nu collective, réalisée le vendredi matin par Spencer Tunick dans l'espace public, a eu lieu entre 7h30 et 10h, dans des lieux protégés, tenus secrets, vidés de tout public, mis à l'écart par des barrières, il en est allé autrement pour certaines performances ou spectacles.
Le jeudi après-midi, un homme et une femme nus, avec cache-sexes et drapeaux tricolores, déambulèrent en toute liberté dans la foule du centre-ville, jusqu'à la fontaine des Droits de l'Homme, au cri de "Vive La France!"
Sur deux des places centrales de la ville (place de la paix et place des Carmes), les compagnies Deuxième groupe d'intervention et Materia Prima proposèrent, devant des milliers de personnes, deux spectacles où acteurs et danseurs apparaissaient longuement nus, à divers moments.
Dans son édition du 21 août, le quotidien La Montagne observe: "rue des Carmes, un homme se promène complètement nu, avec seulement un haut de burqa ".
Durant quatre jours, pour son 25ème anniversaire, le festival d'Aurillac tenta à la fois de surprendre, d'étonner, de "faire peau neuve" (Julien Bachellerie in L'Album des 25 ans), mais surtout, comme le souhaitait son directeur, de maintenir "toujours intacte l'idée de liberté d'expression dans l'espace public".

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