24 décembre 2011 : "Cordon médiatique" autour d'un supervirus grippal

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Supervirus

 

Alors qu'ils menaient des recherches, afin de mieux comprendre le virus H5N1, responsable de la grippe aviaire, des scientifiques dirigés  par Ron Fouchier - virologue internationalement reconnu du Centre Médical Erasmus, (Pays-Bas) - en sont arrivés à créer un supervirus mortel, encore plus contagieux que le micro-organisme originel, potentiellement capable, pour la première fois, de se transmettre facilement entre mammifères et notamment entre hommes. Après expérimentation sur des furets, les résultats avaient été présentés en septembre lors d'un congrès sur la grippe à Malte, sans émotion particulière.
Par crainte de bioterrorisme, le Bureau national américain de la science pour la biosécurité (National Science Advisory Board for Biosecurity ou NSABB) a conseillé à la revue scientifique américaine Science, où devait paraître le rapport de recherche du professeur Ron Fouchier, de n'en publier qu'une version abrégée. Le NSABB a spécifiquement demandé "d'effacer des détails portant sur la méthodologie scientifique et les mutations spécifiques du virus " (AFP / Le Monde, 7 et 20-12-2011). Notant les "recommandations sans précédent de restreindre l'accès à des données et méthodes scientifiques et reconnaissant aussi en comprendre les motivations", un porte-parole de la revue britiannique Nature a confirmé " envisager de publier l'une des deux études sur le virus mentionné par le NSABB".
En 2005, Science et Nature avaient publié la séquence génétique du virus de la grippe espagnole de 1918, qui venait d'être reconstitué en laboratoire : ce virus  est responsable d'une pandémie qui, en un an, avait fait 20 millions de morts, soit deux fois plus que la Première guerre mondiale.

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