24 septembre 2011 : "Viva l'itaglia ! " de Giorgio Forattini (Rome)

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Forattini - Viva l'itaglia

 

Au moment où l'Italie célèbre le 150ème anniversaire de son unification (Risorgimento) au cri de "Viva l'Italia", au moment où le président du Conseil taille dans le budget et annonce 45 milliards d'euros de coupes en deux ans,  le dessinateur de presse italien, Giorgio Forattini, fête ses 80 ans dans sa ville natale, avec une exposition rétrospective intitulée ironiquement "Viva l'itaglia !".
Sur l'affiche, le dessinateur s'est représenté sous les traits de Garibaldi, tenant une immense paire de ciseaux - emblème traditionnel de la censure depuis Gil - qui lui enserrent le cou.
Auteur de plus de 10.000 dessins publiés depuis 1974, de 49 livres vendus à plus de trois millions d'exemplaires, Forattini a pour devise "Courage, liberté et faire la nique". Cette liberté de pensée lui a valu de nombreux procès.
En octobre 1999, pour un dessin paru dans La Repubblica, il est poursuivi par le président du Conseil d'alors qui lui demande 3 milliards de lires. On y voit Massimo D'Alema en train effacer les noms d'Italiens, révélés par Mitrokhine, ayant travaillé pour le KGB: une voix lui demande "Alors, elle arrive cette liste ?" et D'Alema répond: "Un  instant! le "blanco" n'est pas encore sec". La plainte pour diffamation  sera retirée en 2001. Le 10 novembre 2007, Forattini est définitivement condamné à payer 150 millions de lires au juge Giancarlo Caselli  pour avoir porté atteinte à sa réputation: dans un dessin satirique publié en 1998 dans Panorama, il avait  laissé entendre que le juge était responsable de la mort d'un prévenu, suicidé dans son bureau.
D'autres dessins "incorrects" de Forattini déclencheront des polémiques, sans aller jusqu'à des procès et des condamnations.
Le 2 avril 2002, poursuivis par l'armée israélienne, des combattants palestiniens, accusés d'avoir assassiné un ministre de Sharon, se  réfugient à Bethléem dans la basilique de la Nativité, lieu où serait né Jésus. Le 3 avril, Forattini publie, dans La Stampa,  un dessin montrant un char portant l'étoile de David, canon braqué sur une mangeoire; dans la "crèche", l'enfant Jésus, reconnaissable à  son auréole, déclare effrayé : "ils ne vont quand même pas encore me mettre dehors" (à entendre aussi comme "me descendre").
Le 6 novembre 2008, pour l'élection de Barack Obama, il fait dire à  Bush s'adressant à la statue de la Liberté qui vient d'accoucher d'un bébé ayant le visage d'Obama:  "Malheureuse, tu m'a trahi avec le majordome nègre !". link

 

Dessins G. Forattini

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