25 décembre 2010 : "Omerta dans la police" de Sihem Souid

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Sihem Souid

Pour témoigner de son expérience comme adjoint de sécurité au sein de la Police de l'air et des frontières (PAF) de l'aéroport d'Orly, pour dénoncer les  abus de pouvoir, la course au chiffre, les actes homophobes, sexistes, racistes qu'elle a constatés au sein de ce microcosme de 300 personnes, Sihem Souid ne s'est pas cachée. Elle n'a pas adopté un pseudonyme ou  décidé de masquer les noms de personnes, de délocaliser l'action, comme l'avait fait l'auteure de "Totalement dé-bor-dée!".  Elle s'expose même en couverture de son livre avec une reproduction de son laisser passer délivré par le ministère de l'Intérieur.
Tout comme Zoé Shepard, fonctionnaire travaillant au Conseil Régional d'Aquitaine, elle vient d'être condamnée (Arrêt sur images, 2-12-2010) : elle a été suspendue de ses fonctions actuelles à la préfecture de police de Paris, pour quatre mois, pour manquement à son "obligation de réserve". Pour son livre, ses déclarations dans les médias, notamment sur les plateaux de télévision.
Après  Jean-Hugues Matelly (Police, des chiffres et des doutes, Michalon, 2007, voir Observatoire de la censure, 27 mars 2010), Philippe Pichon (Journal d’un flic, Flammarion, 2007 et,  avec Frédéric Ocqueteau,  Une mémoire policière sale, 34 millions de citoyens fichés, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2010), voici un nouvel exemple montrant, comme l'écrit Sihem Souid, que "dans notre pays, il semblerait  que le devoir de réserve du fonctionnaire soit supérieur au devoir de dénonciation d'une injustice par ce même fonctionnaire qui est également un citoyen !" Elle signale qu'en France, "la loi sur la protection des donneurs d'alerte ne concerne que les personnes privées et la corruption. Aux États-Unis, depuis 2002, la  loi protège tout citoyen qui dénonce toute pratique illégale au sein de son entreprise ou de son administration."

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