25 janvier 2011: La justice lève la censure sur le livre d'Irène Frachon "Mediator 150 mg - Combien de morts?"

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La cour d'appel de Rennes a donné raison mardi à Charles Kermarec,  éditeur du livre du docteur Irène Frachon,  jugeant qu'il était bel et bien fondé à intituler l'ouvrage "Mediator 150 mg - Combien de morts?". Elle soutient que les laboratoires Servier, fabricants du Mediator, ne pouvaient invoquer "un dommage imminent (..) alors qu'ils étaient informés de l'appréciation négative faite à la fois par les autorités nationales de santé et les instances européennes sur leur produit en raison de la présence de benfluorex" dans la composition du Mediator. (AFP, 25-1-2011)
La cour d'appel a rendu un hommage appuyé à un livre "qui a contribué à faire avancer un légitime débat".  Elle a également condamné les laboratoires Servier, à payer la somme de 3.000 euros aux "éditions-dialogues.fr",  faible indemnisation si l'on pense que la censure partielle du titre  aurait coûté  25.000 euros à Charles Kermarec.
Pour l'avocat de l'éditeur, "La procédure de Servier contre l'éditeur procédait de la censure et de la tromperie. (...) en juin 2010, lorsque le livre est distribué, le Mediator est déjà suspendu en France. Pour Servier, l'affaire est close: on ne va plus discuter des conséquences pathologiques. Or le sous-titre "combien de morts?" rouvre le débat sur l'importance des risques de ce médicament. Il interpelle le député PS, Gérard Bapt, qui rédige une tribune dans Le Monde. L'enquête de l'Afssap suit. Si ce titre n'avait pas posé de questions, je doute que ces études épidémiologiques aient été faites." (Le Figaro, 25-1)
Gérard Bapt, cardiologue et président de la mission d'information parlementaire sur le Mediator, a exprimé son "inquiétude devant les attaques, considérées comme recevables par la justice, qui se multiplient contre les lanceurs d'alerte en matière de santé publique".

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