3 mars 2010: “Présumés innocents”, suite... et fin ? (Bordeaux)

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Catalogue exposition Présumés Innocents

Évènement rarissime, passant outre les réquisitions du parquet de Bordeaux qui avait demandé un non-lieu, la juge d'instruction Marie-Noëlle Billaud avait décidé de renvoyer en correctionnelle pour deux délits ("Diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique" et “Diffusion de messages violents, pornographiques ou contraires à la dignité humaine susceptibles d'être vus par un mineur") les trois organisateurs de l’exposition “Présumés innocents” qui avait eu lieu en 2000 au Musée d’art contemporain de Bordeaux. (voir Archives 4 juillet 2009)
Henry-Claude Cousseau, aujourd’hui directeur de l'École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris, et les deux commissaires de l'exposition, Stéphanie Trembley et Marie-Laure Besnard-Bernadac, avaient dénoncé  cette "tentative de criminalisation qui touche aujourd'hui les artistes, les acteurs et les lieux culturels qui les diffusent” et appellent “à la plus grande vigilance à l'égard d'une censure toujours prompte à instrumentaliser les causes les plus nobles, comme la protection de l'enfance, à des fins autoritaires et liberticides".
Ils n'auront finalement pas à comparaître.
La Chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a rendu mardi  2 mars 2010 dans l’après-midi son arrêt dans le litige qui les  oppose à l'association de protection de l'enfance "La Mouette". La Chambre de l'instruction annule purement et simplement l'ordonnance de la juge. Il n'y aura donc pas de procès. (Sud Ouest, mardi 2 mars 2010, 17h01)
Dans son arrêt, que s'est procuré l'AFP, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux écrit "qu'en l'absence d'une détermination précise des oeuvres présentées, ni de la possibilité d'en apprécier le contenu, l'infraction ne saurait être établie". En effet, le magistrat en charge de l'instruction n'avait pu, au cours de son enquête, avoir accès à l'ensemble des oeuvres, la plainte ayant été déposée quelques jours après la fermeture de l’exposition. L'arrêt précise également "(...)que certaine oeuvres critiquées ont déjà fait l'objet d'exposition ou se trouvent dans des musées réputés, tels que le musée d'Art moderne de New York."
"La justice vient protéger la liberté artistique", a déclaré l’avocat de M. Cousseau. De son côté l'avocate de La Mouette  a déclaré  qu'elle étudiait la possibilité d'un pourvoi en cassation. "C'est une véritable censure du devoir de protéger les enfants", a-t-elle ajouté. (Le Point)

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