31 mars 2011: Séisme, tsunami, catastrophe nucléaire en cours... réactions en chaîne (Japon) 

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Suite au séisme de magnitude 9 qui a frappé la région de Sendaï, le 11 mars  2011, le lancement du jeu vidéo Disaster Report 4 a été reporté puis annulé. Disaster Report est un programme de simulation de survie pendant une catastrophe naturelle. Cette nouvelle version, très réaliste, mettait en scène la destruction de Tokyo par un tremblement de terre. Irem,  la société qui porte le projet,  a également annoncé qu'elle enterrait définitivement la série: le studio  ne créera plus aucun jeu estampillé Disaster Report à l’avenir, la réédition des anciens épisodes sera également arrêtée (PlayFrance, 28 mars 2011). link

Suite au tsunami qui s'est abattu, avec des vagues dépassant 20 mètres de haut, sur 150 km de la côte du Pacifique, deux heures après le séisme, le film «Au-Delà» («Hereafter») de Clint Eastwood a été retiré des salles de cinéma japonaises. Un responsable de Warner Entertainment Japan Inc a expliqué que les scènes évoquant  le tsunami de 2004 en Thaïlande rendaient le film "non approprié" pour le public japonais. Le film commence par une séquence choc où la journaliste française  Marie Lelay  (Cécile de France), emportée par la vague géante, se débat contre la noyade avant d'être sauvée par deux hommes (premiere.fr, 14-03-2011 - Voir ici : link)
Selon des estimations provisoires, le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 auraient fait à ce jour plus de 26.000 morts ou disparus.

Suite à la catastrophe nucléaire advenue le 11 mars 2011 dans la centrale de Fukushima appartenant à la Tokyo Electric Power Compagny (Tepco), les chaînes de  télévision Pro7 en Allemagne, ORF en Autriche et SF en Suisse ont annoncé qu'elles ne diffuseraient pas les épisodes du dessin animé Les Simpson où il est question du nucléaire (Libération, 28 mars 2011). La liste risque d'être longue, Homer Simpson, l'un des protagonistes de la série, travaillant comme agent de surveillance dans une centrale nucléaire. Très délabrée, mal entretenue, la centrale de Springfield qui emploie Homer enfreindrait 352 règles de sécurité nucléaire...
Al Jean,  producteur exécutif  du dessin animé ne s’offusque pas. «Nous avons 480 épisodes, et si certains d’entre eux ne sont pas diffusés durant quelque temps au vu des terribles évènements qui ont lieu actuellement, je le comprends parfaitement», a-t-il déclaré à Entertainement Weekly. Le producteur a également cité un épisode de 1997 «Homer Versus the City of New York» qui, après les Attentats du 11 septembre, avait été mis de côté, car il faisait référence au World Trade Center (Toutelatélé.com,  28 -03-2011).

 

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Certains notent qu'il n'est plus possible de rire avec le nucléaire, d'autres dénoncent une autre censure plus inquiétante, celle d'une véritable information sur le nucléaire. En l'absence de tout contrôle indépendant et de tout débat démocratique, l'information sur le nucléaire accumule dans la presse, depuis quarante ans, des qualificatifs peu élogieux: "dissimulée", "opaque", "mensongère", "partiale",  "confidentielle", "restreinte", "verrouillée"...
Au Japon, en 2002, le président et quatre cadres de Tepco avaient dû démissionner pour avoir falsifié 29 rapports remis aux autorités de tutelle entre 1980 et 1990 ("L'électricien déteste la lumière", in Le Canard enchaîné, 16 mars 2011). En 2007, après un tremblement de terre (6,8) à 16 km de la centrale de  Kashiwazaki-Kariwa, Tepco avait dû revoir à la hausse les chiffres sur les fuites radioactives. Deux ans auparavant, la Haute Cour de Justice de Tokyo avait rejeté une remise en cause de la fiabilité des études sismiques qui constataient l'absence de faille sur le site de la centrale, évitant ainsi à Tepco d'avoir à fermer la centrale de Kashiwazaki-Kariwa.
En France, dans le Journal Officiel n°183 du 9 août 2003, figure un arrêté du 24 juillet relatif à "la protection du secret défense national dans le domaine de la protection et du contrôle des matières nucléaires". Cet arrêté stipule que toutes les matières nucléaires et leurs connexions, en l'occurrence les installations, les transports, les plans d'exercices de crise sont maintenant protégés par le "secret défense". (voir aussi link)
Alors que la catastrophe de Fukushima  est déjà classée par Greenpeace au niveau 7 - comme Tchernobyl -  (Nouvel Obs, 28-03-2010), que l'évolution de la situation est, selon les autorités japonaises, "imprévisible", que des traces provenant du "panache" échappé de Fukushima sont enregistrées en France par la Criirad, une information non-censurée et un large débat sur le nucléaire vont-ils être enfin possibles, 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl ?

Voir ici: Nucléaire: un si long silence de Colombe Schneck link
et là: Nucléaire jusqu'ici tout va bien link                                        

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