4 juillet 2010: Enquête sur le réalisateur et les chanteurs d'un clip (Cavaillon)

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Intitulé Y'a que les putes qui écartent, ce clip vidéo a été tourné à Cavaillon (Vaucluse), en partie, au pied des tours du quartier du Dr Ayme, considéré par ses habitants comme un ghetto. "Nous avons écrit les paroles, réalisé la mise en scène... Il n'y a rien à faire ici dans ce quartier, il faut bien qu'on s'occupe. (...) Ce clip c'est surtout le moyen d'attirer l'attention, c'est un cri d'alerte face à notre situation" ont expliqué certains d'entre eux au journal La Provence (2 juillet 2010). link
Suite à deux plaintes de parents d'élèves et d'un membre du corps enseignant, le réalisateur de la vidéo - diffusée sur le Net depuis avril et déjà visionnée plus de 22 000 fois - a été mis en garde à vue, mardi 29 juin et relâché le lendemain. Il a été entendu pour "diffusion d'images à caractère violent pouvant être vues ou perçues par un mineur", pour "travail dissimulé" et, accessoirement, "défaut d'autorisation d'occupation du domaine public pour la production d'un film audiovisuel". Les deux chanteurs du groupe de rap Cirdo devraient être entendus prochainement par la police nationale de Cavaillon. Celle-ci a indiqué qu'elle allait alerter le site hébergeur (YouTube) pour qu'il retire la vidéo (Le Dauphiné libéré, 1er juillet). De son côté, la mairie de Cavaillon devrait déposer une plainte, pour "atteinte à l'image de la ville". Le député-maire Jean-Claude Bouchet s'est dit "très satisfait que l'on ait pu enquêter et appréhender le réalisateur." Le procureur d'Avignon, Catherine Champrenault, a qualifié ce clip de "choquant". Pour autant, le parquet réserve encore sa décision quant aux poursuites à mener, ou pas.

La Provence rappelle, qu'en décembre 2007, un clip avait été imaginé dans le même quartier et sanctionné par la justice. La vidéo où deux jeunes rappeurs, dont un mineur, insultaient et menaçaient William Van Duc, commissaire de police de la ville, avait été retirée de Dailymotion. Son auteur principal avait été poursuivi pour "outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et menace de destruction dangereuse pour les personnes matérialisée par écrit, image ou autre objet". Il avait été condamné par le tribunal d'Avignon à 105 heures de travail d'intérêt général et à verser des dommages et intérêts au policier.

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