6 mars 2011: Que veut le "Collectif des parlementaires pour la liberté d'expression"?

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Le 30 avril 2010, l'AFP annonce que 28 députés UMP - parmi eux Bernard Debré,  Marc Le Fur (vice-président de l'Assemblée), Christian Vanneste,  Jean Tiberi (ancien maire de Paris)... -  viennent de créer, à l'initiative de Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes, un "Collectif des parlementaires pour la liberté d'expression"
Ce Collectif pour la liberté d'expression note que "la répétition des polémiques avec des enseignants, des journalistes, des magistrats, des élus, voire même des préfets, qui sont empêchés de parler, menacés, traduits devant des tribunaux, pose problème dans une démocratie qui, par ailleurs, se veut exemplaire en matière de droits de l’Homme."
Il rappelle  qu' "il appartient aux députés" de garantir la liberté d'expression inscrite à l'article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. "Or il semble que de plus en plus, de manière directe ou indirecte, la censure s’exerce au-delà de ce que pourrait prescrire la loi". Lionnel Luca déclare à l'AFP que le collectif entend notamment dénoncer "le pouvoir des juges et des associations", citant par exemple le "procès d'intention"  fait au journaliste du Figaro, Eric Zemmour: celui-ci est poursuivi en justice par  SOS Racisme, la Licra, le MRAP, l'UEJF et J'accuse, pour avoir déclaré le 6 mars 2010 sur Canal + que les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres "parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes", puis, sur France Ô, que les employeurs "ont le droit" de refuser des postulants arabes ou noirs.

4 juin 2010, Brice  Hortefeux est condamné pour "injure raciale" à une amende de 750 euros et à verser 2.000 euros de dommages et intérêts au MRAP, partie civile. En septembre 2009, lors de l’université d’été de l’UMP à Seignosse (Landes),  le ministre de l'intérieur,  présenté à un jeune militant né de père algérien qui "mangeait du cochon et buvait de la bière", avait déclaré : "Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes."

13 janvier 2011, à quelques jours du procès d'Éric Zemmour,  les 28 membres du Collectif  pour la liberté d'expression  estiment que, sous couvert de lutte contre le racisme, "on prétend faire taire un journaliste qui exprime une opinion, qu'elle soit vraie ou non, parce qu'elle dérange". Pour les signataires, ce procès "en dit long sur la dérive qui conduit à bâillonner la liberté d'expression par les tyranneaux de la pensée unique de l'antiracisme".

18 février 2011, Eric Zemmour est condamné pour "provocation à la discrimination raciale". Ses propos, affirmant "le droit" des employeurs à refuser des candidats noirs ou arabes à des emplois, lui valent une amende de 2.000 euros avec sursis.
Aussitôt le secrétaire d'Etat aux transports, Thierry Mariani, exprime sa "consternation". "J'observe que les professionnels de l'antiracisme préfèrent se constituer partie civile, plutôt que d'assumer un débat public à la loyale sur les sujets qui préoccupent nos concitoyens, qu'il s'agisse de la délinquance, du fondamentalisme islamiste, des prières de rue, ou de la gangstérisation de certains quartiers sensibles", déclare le secrétaire d'Etat.
Dans un communiqué signé par, non plus  28 mais par 58 députés UMP du Collectif pour la Liberté d’expression (il y a 314 députés UMP), Lionnel Luca, déclare: "La condamnation (avec sursis !) d’Éric Zemmour illustre la dérive judiciaire contre la liberté d’expression dans notre pays qui interdit à un journaliste de parler (...) Dans le même temps, certains rappeurs qui insultent la France et les Français et appellent au meurtre des forces de l’ordre ne sont pas condamnés au nom de la création culturelle. Cherchez l’erreur. Cette dérive judicaire qui précède la dérive totalitaire impose désormais la révision des lois qui la permettent".
Les  58 députés signataires du communiqué sont :  Elie Aboud, Yves Albarello, Brigitte Bareges, Patrick Beaudouin, Gabriel Binancheri, Claude Bodin, Jean-Claude Bouchet, Loïc Bouvard, Valérie Boyer, Françoise Branget, Patrice Calmejane, Bernard Carayon, Bernard Debré, Jean-Pierre Decool, Nicolas Dhuicq, Eric Diard, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Paul Durieu, Jean-Michel Ferrand, Marie-Louise Fort, Sauveur Gandolfi Scheit, Jean-Paul Garraud, Jean-Pierre Georges, Franck Gilard, Georges Ginesta, Arlette Grosskost, Christophe Guilloteau, Françoise Hostalier, Jacqueline Irles, Maryse Joissains-Masini, Patrick Labaune, Jean Marc Lefranc, Marc Le Fur, Lionnel Luca,  Daniel Mach, Richard Mallie, Christine Marin Philippe Meunier, Jean-Claude Mignon, Pierre Morel  À L’Huissier, Georges Mothron, Alain Moyne Bressand, Jacques Myard, Jean-Marc Nesme, Eric Raoult, Jean Roatta, Jean-Marc Roubaud, Jean-Pierre Schosteck, Daniel Spagnou, Michel Terrot, Dominique Tian, Jean Tibéri, Christian Vanneste, François Vannson, Patrice Verchère, Philippe Vitel, Michel Voisin.

2 mars 2011,  Éric Zemmour  est invité par Hervé Novelli à l'Assemblée nationale, pour un débat intitulé "Normes, complexité et libertés individuelles: de l'air!". Désireux d'effacer "quarante ans de miasmes égalitaristes et communautaristes",  de mettre fin à "des législations liberticides" et  à "une pénalisation croissante des opinions", il  demande à l'UMP de légiférer pour abroger les lois dites "mémorielles" (Gayssot, Taubira…), ainsi que l'ensemble des lois réprimant l'incitation à la haine raciale et à la discrimination.  Il demande aussi que les associations en lutte contre le racisme soient privées du droit d’ester en justice ainsi que de bénéficier de subventions de l’État. (Le Monde, Rue89, Libération) link

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