12 janvier 2012: " Légende d'une vie" de Stefan Zweig  

Publié le

 

S. Zweig - Légende d'une vie

 

Passé à la postérité pour ses nouvelles (Amok, Brûlant secret, Vingt-quatre heures d'une femme, le Bouquiniste Mendel ... ), son roman posthume (Le joueur d'échecs), Stefan Zweig (1881, Vienne - 1942, Petropolis), ami et biographe de Romain Rolland, fut aussi un homme de théâtre, avant d'être contraint à l'exil par les nazis.
Inédite en France, sa pièce "Légende d'une vie" vient de paraître dans une traduction de Barbara Fontaine. Créée à Hambourg en 1919, elle  interroge les pratiques de certains héritiers, ayants droit de grands disparus. Mis au défi de tout publier, ils succombent souvent - ici par jalousie - à la tentation de censurer, couper, retouchant un journal intime, occultant des photos, faisant disparaître des lettres, pour élaborer la " légende d'une vie".
Dans la demeure familiale transformée en musée, Friedrich Marius Franck étouffe sous le poids de la figure de son défunt père, poète et écrivain allemand prestigieux. Il a été élevé par sa mère, Leonore, dans l'admiration de ce grand homme à l'éthique irréprochable dont il connaît tous les détails de la vie consignés dans une biographie soit disant exhaustive, rédigée par un ami de sa mère et autorisée par elle. Le soir, où il fait ses débuts publics de poète, le jeune homme rencontre Maria, une vieille dame qui se révèle être la première compagne et inspiratrice de son père: modeste couturière, elle a soutenu le jeune auteur à ses débuts, pendant dix années difficiles, avant qu'il ne rencontre et épouse Leonore, et sa fortune. Pour preuve de cette période, de nombreux documents qu'elle détient: une pièce inédite que le génial auteur lui a dédiée, des dizaines de lettres enflammées qu'il lui a adressées, documents passés sous silence par le biographe, mais bien connus de Leonore, sa rivale...  

Autour de Stefan Zweig et du théâtre, lire aussi "Collaboration ", pièce de Ronald Harwood (L'Avant-scène, 2011): deux jours après la création à Dresde en 1935 de La Femme silencieuse de Richard Strauss, l'opéra est retiré de l'affiche et interdit sur toutes les scènes d'Allemagne parce que le librettiste, Zweig, est juif.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article