10 avril 2010: Censure à la télévision française

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Dans sa version papier (31 mars 2010) et sur son site internet, Télérama a publié une enquête sur la “censure à la télé”. L’hebdomadaire revient sur différents reportages non diffusés, “trappés”, principalement par les chaînes privées. Pour exemple, cette enquête, refusée par M6 sur la restauration rapide - les hamburgers de Mc Donald’s  seraient  parfois vendus  4 heures après leur préparation au lieu d’être jetés  au bout de 10 minutes, les poulets censés être halal proposés par KFC ne le seraient pas -,  ou  encore  celle, refusée par TF1, sur le forain Marcel Campion et le travail au noir au marché de Noël de Paris.
Plus globalement, selon Olivier Milot, la censure “se pratique en amont, dans les bureaux des rédacteurs en chef ou des directions des chaînes. Elle est faite de tous les renoncements à s’attaquer à certains sujets gênants, des petites lâchetés qui font céder aux pressions dès qu’elles se font insistantes, d’une forme d’autocensure nourrie chez les journalistes du rappel régulier des contraintes économiques qui pèsent sur leur entreprise.” Comme l’écrit le journaliste de Télérama, “on ne touche pas aux annonceurs et aux actionnaires”, présentés comme les “nouveaux censeurs” et principales cibles de son article. “Prétendre faire de l’investigation dans les milieux du cinéma, du sport et plus encore du football  demeure une vue de l’esprit à Canal+.” (...) “ Il a fallu attendre que la Lyonnaise des eaux sorte du capital de M6 pour voir le premier sujet sur le marché de l’eau.“ Enquêter à TF1 sur les dangers de la téléphonie mobile ou des appels d’offre pour le BTP  semble impossible.
À en croire Olivier Milot, la censure serait moins présente sur les chaînes publiques,  elle reste “exceptionnelle”,  “les placards du public ne regorgent pas de cadavres”...

Article Actionnaires, annonceurs: Le club des nouveaux censeurs (Télérama) : link

On a pu voir un exemple de cette" liberté " de la télévision publique, samedi 4 avril 2010, veille du dimanche de Pâques. Lors de son émission "Les années bonheur" sur France 2, l’animateur Patrick Sébastien a lu un courrier de la direction de la chaîne publique et du CSA : celles-ci le mettaient en demeure de passer après 22 heures et avec la mention "interdit aux moins de 12 ans" le sketch de Jean-Marie Bigard, le "Lâcher de salopes"  ou de le déprogrammer, car trop “vulgaire”. L’humoriste a fait son sketch après 22h, remplaçant le mot “salope” par "bip-bip". Jean-Marie Bigard a réagi le lundi matin sur l'antenne d'Europe 1, en rappellant que son sketch, vieux de onze ans, était déjà passé une cinquantaine de fois à la télévision. Il a affirmé que certains  textes de Desproges ou Coluche ne pourraient plus passer aujourd’hui à la télévision.
Pour une analyse  de la télévision française vue  par la Télévision  Suisse  Romande: link

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